Charles-Henri Gallois: « Gabriel Attal et le gouvernement ne peuvent quasiment rien faire sur tous les accords de libre-échange déjà passés! »

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Charles-Henri Gallois, président de Génération Frexit nous livre ses analyses sur cette révolte des agriculteurs français, harassés de normes, de contrôles, de charges. Il revient également sur les questions centrales du libre-échange et de la concurrence déloyale, imposée par Bruxelles qui sont en train de détruire notre agriculture. A ce stade, la France n’a plus la main et tout pourrait se décider à Bruxelles alors que le blocus de Paris par les agriculteurs s’intensifie.

propos recueillis par

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Gabriel Attal a très peu évoqué dans ses annonces le sujet du libre-échange. Pourquoi selon vous ? Y-a-t-il un double discours ? Faudrait-il en réalité sortir la France de ces traités de libre échange pour clore la crise des agriculteurs ?
Je pense qu’il ne l’a pas fait pour deux raisons. Tout d’abord, par idéologie, il ne souhaite pas exposer l’Union européenne. Ensuite, il ne souhaite pas montrer qu’il n’a pas de pouvoir sur le réel. Si un gouvernement peur bloquer de nouveaux traités de libre-échange au niveau de l’UE, il ne peut quasiment rien faire sur tous les accords passés. La politique commerciale est une compétence exclusive de l’UE. Il n’y a pas de retour en arrière possible en restant dans ce cadre et sans reprendre le contrôle de la politique commerciale à Bruxelles. S’il l’on reprend le contrôle, on peut ensuite renégocier pour la France les accords passés avec les différents pays.

 

« Si un gouvernement peur bloquer de nouveaux traités de libre-échange au niveau de l’UE, il ne peut quasiment rien faire sur tous les accords passés. La politique commerciale est une compétence exclusive de l’UE »

 

Il n’a pas été question non plus de la question de la sortie du marché européen de l’énergie. Cela participe à la même idéologie ?
Oui, c’est encore pire pour le marché de l’électricité de l’UE. La mise en concurrence d’EDF et par conséquent, son saccage, est dans les traités mais le mode de calcul du prix n’est pas dedans. Un gouvernement responsable et courageux aurait rétabli un prix national dès 2021. Par dogmatisme et idéologie européistes, la Macronie n’a pas voulu le faire. Malheureusement, ce sont les Français qui en paient le prix, que ce soient les particuliers ou les professionnels.

Pensez-vous qu’une majorité d’agriculteurs ont-ils pris conscience des ravages du libre-échange ? On sent tout de même une opposition politique assez timide notamment sur l’orthodoxie libre-échangiste. Pourquoi selon vous ?
Je pense qu’ils ont clairement pris conscience de la concurrence déloyale des traités de libre-échange. Cela fait partie de leurs revendications. On leur impose des normes délirantes et dans le même temps on importe des produits qui ne respectent pas les mêmes normes et environnementales avec ce libre-échange. Ils expliquent même, à juste titre, que ce cette concurrence déloyale existe au sein même de l’UE, que ce soient les pays de l’Est ou même l’Espagne ou l’Italie. Ils pensent en revanche que le gouvernement a encore la main. Je pense notamment au blocus prévu de Paris. Cela peut bien sûr mettre la pression auprès du gouvernement mais fondamentalement Bruxelles tient les manettes sur les aspects structurels de notre agriculture. Je pense qu’un blocus de Bruxelles serait plus efficace, mieux ciblé et plus populaire auprès de l’opinion publique française.

Cette révolte des agriculteurs qui pourrait se durcir pourrait-elle à court ou à moyen terme rapprocher la France d’une sortie de l’UE ?
Elle va visiblement se durcir avec ce blocus. Certains, comme M. Bayle, ont voulu arrêter après des annonces de mesurettes de court terme qui ne changeront rien sur les maux dont souffrent nos agriculteurs. Nous verrons la suite mais la prise de conscience de la nuisance de Bruxelles ne peut qu’être positive pour la suite. Les Français sont de plus en plus nombreux à vouloir reprendre le contrôle sur Bruxelles. Cela sera fondamental pour tous les sujets stratégiques comme l’agriculture, l’énergie ou l’immmigration.

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