Stéphane Rozès: « Un peuple est prêt à de grands sacrifices que lorsque sa souveraineté est en jeu »

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« Je pense à notre peuple auquel il faudra de la force d’âme pour regarder en face le temps qui vient » déclarait il y a quelques jours Emmanuel Macron. Stéphane Rozès, président de Cap, enseignant à Sciences-po Paris pose une analyse sans concession sur cette déclaration qu’il juge « inquiétante et lunaire ». Dans ce grand entretien, il est aussi question de la perte de notre souveraineté nationale face au néolibéralisme bruxellois accéléré par le « en même temps » macronien.

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Comment avez-vous analysé le discours d’Emmanuel Macron à Borne-Les-Mimosas ce 19 août qui a évoqué le fait de « payer le prix de la liberté » ? Le considérez-vous comme inquiétant ?
Sur le fond comme sur la forme, cette déclaration du Président Macron est pour l’Opinion publique inquiétante en ce que ; loin de baliser la rentrée, de faire Récit sur ce qui se passe et sur les principes qui animent le représentant de la Nation, elle accroît l’incertitude sur le moment actuel et les intentions présidentielles.

Le Président s’est adossé sur le passé pour parler du présent alors que les situations sont différentes. Il a saisi l’occasion de son discours rituel de commémoration du débarquement de Provence et de libération de Bormes les Mimosas qui jouxte le fort de Brégançon, pour tracer une continuité mémorielle entre l’esprit de sacrifice des Français et des peuples libres contre le nazisme, ceux qui au quotidien préservent aujourd’hui nos vies comme les soldats du feu ou les soignants, et enfin l’Europe et ses peuples face à l’impérialisme russe en Ukraine appelant notre peuple à « payer le prix de la liberté »

 

« Cette déclaration du Président Macron est pour l’Opinion publique inquiétante en ce que ; loin de baliser la rentrée, de faire Récit sur ce qui se passe et sur les principes qui animent le représentant de la Nation, elle accroît l’incertitude sur le moment actuel et les intentions présidentielles »

 

Le Président a parlé par ellipses. Les médias ont rapporté du discours quelques phrases, mais son entièreté ne dissipe pas le sentiment lunaire du propos.
Dans le moment que nous vivons, dans lequel, les dirigeants occidentaux s’agitent en gestionnaires somnambules alors que le cours des choses est animé par des forces telluriques qui remontent du fond de l’Histoire ; il faut bien tenter de rendre raison de la singularité de la période politique qui a peu à voir …

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