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McKinsey : un scandale d’Etat à moins de 3 semaines de la présidentielle ?

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 » Des pans entiers de politiques publiques sont délégués à des consultants privés qui n’ont toutefois aucune légitimité démocratique. Il s’agit d’une intrusion en profondeur du secteur privé dans la sphère publique » selon Elian Assassi. « 1 milliard d’euros ont été versés en 2021 à des cabinets de conseil par l’Etat francais« , selon la commission d’enquête sénatoriale sur les cabinets de conseil privés. Et ces dépenses continuent d’augmenter au fil des mois.

L’affaire McKinsey a éclaté au grand jour grâce à une commission d’enquête parlementaire du Sénat présidée par Arnaud Bazin, sénateur LR. Et les conclusions sont sans appel. Eliane Assassi, sénatrice de la Seine-Saint-Denis et rapporteure de la commission d’enquête sur les cabinets de conseil a dressé un état des lieux ébouriffant voire inquiétant de la place qu’occupent ces cabinets de conseil au sein même de l’Etat et surtout dans ses décisions et ses arbitrages, alors même que la France peut s’appuyer sur une armée de haut-fonctionnaires, formés dans les grandes écoles françaises.

Une enquête explosive de la commission sénatoriale sur McKinsey

Tout au long du quinquennat, ces cabinets de conseil ont « épaulé » le gouvernement sur ces choix politiques : réforme de la formation professionnelle, la réforme nationale de santé, la réforme de l’aide juridictionnelle… Eliane Assassi a indiqué que ces cabinets de conseil mettent à disposition très rapidement des centaines de pages de rapport en quelques jours, à la demande des ministres, « en allant puiser dans leurs succursales installées aux USA ou en Suisse (…) la baromètre de l’action publique a été confié à CapGemini pour un coût de 3 millions d’euros. Ca fait cher le baromètre ! Nous avons également identifié une prestation de 4 millions d’euros de McKinsey pour mettre en oeuvre la réforme des APL, réforme qui réduisait les aides de 5 euros par foyer. »

Eliane Assassi sur Public Sénat, a parlé d’un phénomène tentaculaire car on ne sait plus qui fait quoi, qui est l’émetteur qui répond à une commande, sans parler des sous-traitants. On a beaucoup de mal à retrouver qui est le maitre d’oeuvre dans ces affaires. Il y a un manque de transparence évident. »

Le rôle opaque de McKinsey et des cabinets de conseils privés ?

La rapporteure de la commission d’enquête sur les cabinets de conseil a également pointé des documents réalisés par McKinsey, sans que logo de ce cabinet de conseil apparaisse sur les dits-documents. Le cabinet McKinsey a fait des copier/coller de documents qu’ils remettaient à d’autres pays que la France, comme en Australie (…) Ils changeaient simplement les chiffres (..) Certains de ces documents sont partis au Conseil de défense. Etant parlementaire, je ne sais pas ce qui se passe au Conseil de défense. Je ne sais pas qui est membre. Cela renforce le sujet de l’opacité et de la transparence ».

De plus, Karim Tadjeddine, directeur associé et responsable du secteur public auprès de la succursale française de McKinsey & Company a été auditionné par cette même commission d’enquête du Sénat le 18 janvier 2022 et il est suspecté d’avoir fait un « faux témoignage » notamment sur le paiement des impôts de McKinsey en France. A cette occasion, le Procureur de la République a été saisi. Cette déclaration pourrait s’apparenter à un parjure.

Les cabinets, « une hybridation des élites » ?

Caroline Michel-Aguirre, journaliste à l’Obs, a beaucoup enquêté sur les relations entre ces cabinets de conseils privés et l’Etat Français. Sur Public Sénat, elle a avancé cette explication : « Les cabinets de conseil ont mis en place l’hybridation des élites (…) Ces consultants sont devenus les experts de la transformation publique (…) La matière grise est dans les cabinets de conseil ». La journaliste aborde aussi la question sensible du pantouflage, passage de haut- fonctionnaires dans de grandes entreprises privées pour des rémunérations incomparables et qui donnent lieu, parfois, à des rétro-pantouflages dans le sens inverse.

 

De son côté, le ministre de l’économie, Bruno Le Maire a tenté de minimiser cette enquête de la commission d’enquête du Sénat : « « Nous allons nous assurer que McKinsey paye les impôts qu’il doit à la France. Toutes les procédures sont déjà engagées par la Direction générale des finances publiques. »

A moins de 3 semaines de la présidentielle, ce recours du gouvernement français à ces cabinets de conseils privés pourrait annoncer une tempête pour Emmanuel Macron, sans compter l’affaire de la vente Alsthom, alors qu’il était secrétaire général adjoint de l’Elysée, en charge des affaires économiques. Cette affaire McKinsey semble tout de même flirter avec le scandale d’Etat …

Vous trouverez ci-dessous un florilège de vidéos afin de mieux comprendre cette affaire MCKinsey et les relations étranges entre la Macronie et les cabinets de conseils privés :

 

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