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Joy Majdalani : Classe tous risques

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La classe de cinquième, cette zone de transit où les unes portent encore des chaussettes hautes bordées de dentelle, alors que les autres ont déjà secoué de leurs épaules l’encombrant fardeau de l’âge ingrat et surfent sur les flots tourmentés d’internet.

La narratrice a quitté l’école du smak pour le collège, où le french kiss est roi. Certes, mais où trouver le mode d’emploi ? Comment franchir ce Rubicon dont plusieurs filles de la classe prétendent être déjà loin ? Elle se rapproche de Bruna, une influenceuse qui dégage un irrésistible parfum de scandale et sait y faire. Bruna recueille les confidences et distille les informations utiles. Ce sera diablement précieux, le jour où un garçon lui proposera d’aller plus loin que tâter le tissu de son pantalon là où il enfle. « Si l’opportunité, inattendue et belle, se présentait à moi, il faudrait que je puisse l’empoigner sans risquer de la confondre avec un os ou un téléphone portable ». Tour d’abord, ne pas se laisser décourager par le premier baiser, baveux comme une omelette. Ensuite se persuader que « je suis née pour exciter ». Enfin échapper aux sœurs du collège Notre-Dame de l’Annonciation, que l’on imagine des duègnes moisies et moustachues, à la vigilance rance, reniflant les malheureuses ouailles, comme des chiens truffiers, pour détecter une trace de cyprine. Même pendant la messe, Big Sister is watching you. Que de grain à moudre pour Proserpine Hautaine et les dames patronnesses de La Féminitude Irréfléchie !
Le nuancier des états d’âme de treize ans se déploie au gré des alliances, déchirements, ingénuités, stratégies, rêves, cruautés, traîtrises, larmes , le tout orchestré par une injonction majeure : subir le magnétisme des garçons et goûter au fruit défendu. Ces dadais n’ont pas conscience qu’ils pêchent par abus de position dominante et que le retour de manivelle sera terrible et durable …

Marc Emile Baronheid

« Le goût des garçons », Joy Majdalani, Grasset, 16€

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