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SOS des élus en situation de handicap

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Tribune co-rédigée par l’association des élus sourds de France et l’APHPP (Association Nationale pour la Prise en Compte du Handicap dans les Politiques Publiques et Privées) sur la discrimination des personnes en situation de handicap.

Voilà maintenant 4 ans que le défenseur des droits a reconnu que le handicap était le 1er motif de discrimination en France, pourtant les situations de handicap reconnues représentent 12% de la population.

Dans tous les aspects de la vie quotidienne, ces discriminations ont libre court, qu’il s’agisse de l’accès à l’emploi, à l’école,l’accès aux soins, sans parler de la loi handicap du 11 février 2005. La mise en œuvre de cette loi pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes en situation de handicap, nous laisse perplexe.

9,6 millions de personnes, 24% de la population active serait concernée: mais qui les représente dans les institutions publiques?

Il s’agit pourtant bien d’un enjeu déterminant pour transformer structurellement notre société et la rendre plus inclusive: quelle est la représentation des personnes en situation de handicap dans le champs politique?

La loi de 2005 n’aurait-elle pas reçu un meilleur écho avec une meilleure représentativité des principales personnes concernées?

Enjeu d‘accès au droit par une citoyenneté pleine et entière, l’engagement politique permet en outre une sensibilisation large et massive ainsi qu’un changement profond des représentations et donc de lutter contre les stéréotypes trop souvent attachés aux personnes en situation de handicap.

La classe politique, celle qui loue l’inclusion scolaire, l’inclusion professionnelle, doit montrer l’exemple par l’inclusion politique et ainsi démontrer que la diversité permet de répondre aux besoins de la société dans son ensemble et non pas d’une minorité qui décide sans éclairage au nom de la majorité.

Avec une meilleure représentativité de chacun, les politiques publiques ne pourront être que plus efficientes.

L’Administration prendrait ainsi l’habitude d’adapter ses process, elle serait plus attentive à la diversité de ses élus et donc par voie de conséquences serait prête à accueillir la diversité de ses usagers.

Cette inclusion doit permettre à chaque citoyen et citoyenne de participer à l’action publique comme cela est inscrit dans nos textes les plus fondamentaux. Pourquoi l’article article 6 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 atil tant de mal à pouvoir être appliqué? (…) Tous les citoyens étant égaux (…) sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents.

Après avoir combattu la discrimination de genre et de race, voici venue l’heure de combattre également la discrimination liée à une situation de handicap sans aucun préjugé sur les capacités des candidats et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents. Nous représentons 12% de la population et notre représentativité est epsilonesque.

À l’aube des élections prévues en 2022, élections présidentielle et législatives, les élus en situation de handicap, appellent leurs congénères à s’engager massivement dans le champ politique et les partis politiques.

Profitons de l’échéance des jeux olympiques et paralympiques pour relancer le débat et accélérer, tous ensemble, la mise en œuvre de la loi de 2005. C’est maintenant que nous devons nous mobiliser. Ne passons pas à côté.

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