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Christophe Chirat, collectif Les Pendus: « Ce pass n’a rien de sanitaire et, de l’aveu même de certains ministres, n’est qu’une mesure politique pour augmenter la pression vaccinale »

Christophe Chirat est restaurateur et il fait également partie du Collectif d’indépendants des Pendus lancé en 2014 par Nathalie Merci. Aujourd’hui, il explique dans Putsch les actions intentées par le collectif pour dénoncer le Pass sanitaire validé par le Conseil Constitutionnel le 5 août dernier. Il s’inquiète des graves conséquences économiques pour les établissements, des lourdes sanctions infligées pour les récalcitrants ainsi que des tensions et des « drames » qui pourraient survenir entre certains clients et des commerçants.

propos recueillis par

Christophe Chirat propose dans cet entretien des pistes de réflexion et fait un point sur les procédures lancées par l’avocat du Collectif Les pendus, Fabrice Di Vizio.

Pouvez-vous nous rappeler en quelques mots quel est le but du collectif « les pendus » ?
Le collectif a été créé en 2014 par Nathalie Merci à la suite de très nombreux problèmes rencontrés par les indépendants & commerçants avec le RSI (Régime Social des Indépendants)
Nathalie Merci a engagé beaucoup d’actions, de manifestations, et a fini par être entendue, a pu avoir contacts directs avec les direction régionales et nationales, et faire remonter plusieurs milliers de dossiers litigieux qui se sont réglés au bénéfice des indépendants.
Très souvent les sommes en jeu étaient très importantes.
Depuis environ 3 ans la situation s’est considérablement améliorée et les problèmes sont de plus en plus rares.
Toujours dans l’esprit de conseiller et défendre les commerçants et indépendants, l’activité a explosé lors du premier confinement…
C’est à cette époque que j’ai rejoint les « administrateurs » car les questions et demandes d’aides arrivaient par centaines.
Depuis 2019 donc, nous œuvrons du mieux que nous pouvons dans l’intérêt de tous, en fonction de nos perceptions et nos analyses des situations.
Malheureusement nous n’avons pas eu énormément accès aux médias afin de développer les propositions que nous avons faites notamment à propos du fonds de solidarité que nous aurions souhaité mieux distribué, accessible à tous sans conditions d’éligibilité, et donc plus équitable que tel qu’il a été mis en place.

 

« Nous n’avons pas eu énormément accès aux médias afin de développer les propositions que nous avons faites notamment à propos du fonds de solidarité que nous aurions souhaité mieux distribué, accessible à tous sans conditions d’éligibilité »

 

Vous avez lancé un appel dès l’entrée en vigueur du Pass sanitaire. En quoi consiste-t-il ?
Nous avons invité tous les commerçants à participer pour le jeudi 5 août (date de rendu de l’avis du Conseil Constitutionnel) à une opération « Rideaux Baissés »
Il s’agissait de protester symboliquement contre la validation de la Loi et commencer à sensibiliser nos collègues à ce qu’ils allaient devoir endurer…
Car il faut bien comprendre que ces dispositions n’ont rien de sanitaire et, de l’aveu même de certains ministres, ne sont qu’une mesure politique pour augmenter la pression vaccinale.
Nous sommes donc les otages de cette manœuvre politique imposée qui entraînera des conséquences directes graves sur les résultats et sur les conditions d’exploitation de nos établissements à court, moyen et long terme.

 

« Nous sommes donc les otages de cette manœuvre politique imposée qui entraînera des conséquences directes graves sur les résultats et sur les conditions d’exploitation de nos établissements à court, moyen et long terme »

 

Nous avions le choix d’accepter d’être complices de cet apartheid pseudo-sanitaire, au risque évident (outre l’aspect « éthique » d’avoir à trier les bons des mauvais citoyens), de perdre 50 à 70% d’activité avec des frais fixes qui restent incompressibles. Ou refuser, et risquer des amendes inédites outre les sanctions administratives lourdes. Nous savons que le ministère de l’Intérieur est dans les starting blocks pour passer à l’attaque et faire des exemples sévères et bien médiatisés pour dissuader les récalcitrants.
Ou sortir du jeu en restant fermés, fidèles à nos valeurs éthiques, refusant d’être instrumentalisés, sans marchandises à jeter, sans matériel qui consomme beaucoup d’énergie, et avec le personnel en congés ou en maladie, ce qui limite les coûts, et par là-même préserve la trésorerie plus longtemps.

Nous avons retenu cette 3ème et « moins mauvaise » solution qui s’apparente à un « droit de retrait » et que personne ne pourra nous reprocher. Nous invitons donc tous nos collègues qui comprennent la démarche à y adhérer et ce depuis le 09 août et jusqu’à ce que nous ayons trouvé une faille dans le décret nous permettant de contourner la mesure ou obtenu l’assouplissement ou l’abrogation du décret.

Avez-vous une première estimation au sein du collectif du nombre de restaurateurs qui ont choisi de baisser le rideau en signe d’opposition au Pass sanitaire ?
Non il est très difficile de quantifier les participants mais nous savons que cette action a déjà été adoptée un peu partout en France, et que chaque jour des restaurateurs qui pensaient fonctionner « correctement » avec la mise en œuvre du Pass s’aperçoivent que c’est plus compliqué que prévu et rejoignent le mouvement

Avez-vous des collègues qui refusent de demander le Pass sanitaire dans leurs établissements ?
Il y en a un très grand nombre surtout en cette semaine dite de « rodage » durant laquelle le risque de sanctions est relativement faible, nous espérons que dès la semaine prochaine nos collègues ne s’exposeront pas à des contrôles qui pourront être effectués par des policiers ou gendarmes y compris en civil…

Quels pourraient être les recours que vous pourriez lancer contre le Pass sanitaire ?
Nous avons demandé à Maître Di Vizio de saisir le Conseil d’Etat à la fois pour que l’obligation du Pass soit levée au moins sur les terrasses dont il fait consensus scientifique (et politique) qu’elles ne présentent aucun risque de contamination, mais aussi sur la rupture d’égalité puisque les restaurants d’entreprises, d’administrations, et les relais routiers sont exonérés de la mesure (ce qui en dit long sur l’aspect « sanitaire » du dispositif)

 

« Des drames sont à craindre et nous aimerions vraiment sensibiliser nos collègues au bien-fondé, sur le fond et la forme, de notre stratégie, car si nous sommes nombreux, nous exercerions une pression suffisante sur l’exécutif pour qu’il abolisse cette mesure »

 

Comment voyez-vous les prochains jours et les prochaines semaines avec le durcissement des contrôles sur le Pass sanitaire ?
Nous redoutons que certains collègues réfractaires fassent les frais de sanctions lourdes, et nous craignons également des tensions mettant en danger l’intégrité physique des personnels de bars et restaurants (dont ça n’est pas la fonction de procéder aux contrôles…) face à des clients « non conformes » ou dits « résistants » qui ne manqueront pas de se manifester…. Des drames sont à craindre et nous aimerions vraiment sensibiliser nos collègues au bien-fondé, sur le fond et la forme, de notre stratégie, car si nous sommes nombreux, nous exercerions une pression suffisante sur l’exécutif pour qu’il abolisse cette mesure.
Nous savons en effet qu’elle est prévue pour durer au-delà du 15 novembre…, l’existence même de bornes automatiques de lecture des QR Codes, déjà commercialisées, installées dans certains établissements, promues et partiellement financées par la collectivité. C’est le cas notamment pour Renaud Muselier pour la Région PACA.

 

La page facebook du Collectif Les Pendus

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