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Joanna Wnek: « A Cracovie, la place du Marché, ses bars, ses restaurants et ses rues sont vides à cause de la crise sanitaire »

Joanna Wnek est chargée de marketing et promotion à l’Institut Français de Pologne – Cracovie. Passionnée par la France et la culture française dès son plus jeune âge, elle a donc naturellement intégré l’Institut français de la magnifique ville polonaise de Cracovie, chargée d’histoire, empreinte d’un patrimoine multiséculaire. Avec la crise sanitaire, le tourisme à Cracovie s’est effondré. Joanna nous en dit plus sur cette situation et sur son impact économique et touristique.

propos recueillis par

 

Joanna, vous êtes chargée de marketing et promotion à l’Institut Français de Pologne – Cracovie. En quoi consiste votre travail ?
Je travaille à l’Institut Français depuis presque 20 ans. Actuellement je m’occupe de la promotion de la langue française, du marketing et de la vente de cours de français aux clients particuliers ou professionnels.
C’est notre clientèle spécifique et exigeante de l’Institut au-delà de nos clients des cours en groupe. Cette clientèle attend une offre de cours a la carte, préparée spécialement pour ses besoins comme des cours des affaires, des finances, de la médecine…Nous enseignons seulement le français mais nous le faisons bien.

Quel est votre lien personnel avec la France ?
La France et sa culture m’ont toujours fascine. Tout le monde apprenait l’anglais ou le russe a l’époque. Pour ma part, j’avais choisi le lycée bilingue et le bac français.
Cette éducation m’a ensuite poussé vers les études romanes a l’ Université Jagellonne à Cracovie qui m’ont donné l’idée de faire un stage a l’Institut français. Au bout de trois mois, on m’a proposé un poste à mi-temps. Aujourd’hui cela fait presque 20 ans que je suis toujours là.

Aujourd’hui comment jugez-vous le rapport que les Français ont avec la Pologne notamment sur le tourisme. Est-il amené à se développer ?
En ce qui concerne le tourisme vers la Pologne, je pense qu’il se développe régulièrement depuis vingt ans. Surtout que Cracovie attire beaucoup de touristes car c’est une ville historique qui n’a pas été détruite par la Seconde Guerre mondiale. Mais, à part cela, la Pologne est intéressante par sa culture, ses traditions, son histoire et sa diversité naturelle. Nous avons l’accès à la mer Baltique, aux lacs (Mazury), à la montagne Tatra, aux forêts et aux rivières.
Bien sûr que la pandémie a fortement réduit le flux des touristes vers notre pays et vers Cracovie. Et je l’observe avec tristesse en traversant la Place du marché. Chaque jour, les rues, les cafés, les restaurants sont vides…Pendant cette période estivale, les touristes locaux reviennent mais les étrangers sont très rares encore.

Quelle est la place que tient Cracovie aujourd’hui dans la Pologne actuelle ?
Cracovie est une ancienne ville royale, ancienne capitale de la Pologne, ville universitaire avec une des plus anciennes Universités d’Europe- l’Université Jagellonne a été fondée en 1364, troisième ville selon le nombre d’habitants en Pologne. Chaque année Cracovie accueille environ 14 millions de touristes, dont 3 millions sont des touristes étrangers: les Allemands -14,2 %, les Anglais 13,9 %, les Italiens -11,5 %, les Français – 11,2%, les Espagnols – 10,4% et les Ukrainiens – 5,4 % (ces chiffres sont ceux de l’année 2019). Pourtant en 2020, ce chiffre n’a même pas atteint la moitié du chiffre de 2019. Il faut donc traduire ce résultat par la situation épidémique malheureusement.

Quel a été l’impact de la crise sanitaire sur l’attractivité de Cracovie ? La vie a-t-elle souffert économiquement ?
En 2020 Cracovie a été visitée par seulement 7,95 millions des touristes. La plupart venait de Grande Bretagne (18,3%), d’Allemagne (16,1%) et de France (12%). L’impact financier a été donc profondément marqué. Les ressources ont baissé de 3,92 milliards de Zloty par rapport à l’anne 2019. En 2019, les touristes venaient à Cracovie surtout pour visiter la ville et ses monuments; en 2020 ils choisissaient plutôt le repos et les visites familiales. Le monde change et il en va de même pour les tendances touristiques.

> Plus d’informations sur le site de l’Institut français de Pologne

( crédit photo D.R)

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