La comparaison a de quoi faire sursauter les bureaux feutrés de Bercy. Elle est pourtant assumée, et revendiquée, par l’un des économistes les plus conséquents du camp souverainiste français. Hier soir, Philippe Murer était l’invité exceptionnel de Putsch Live pour une heure de décryptage frontal sur ce que le choc énergétique en cours est en train de faire à l’Europe — et plus encore à la France.
Économiste, Philippe Murer auteur de deux ouvrages de référence sur la transition énergétique, dont Comment réaliser la transition écologique paru chez Jean-Cyrille Godefroy, a fondé en 2024, avec l’historien Laurent Henninger et l’essayiste Olivier Piacentini, le Mouvement Politique Citoyen (MPC), dont il assure la présidence. Une structure qui ambitionne de fédérer les forces souverainistes autour d’un socle commun : rétablissement des souverainetés nationale, monétaire, industrielle et énergétique.
Sur le plateau de Putsch Live, Philippe Murer a remis les pendules à l’heure. La guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran a refermé partiellement le détroit d’Ormuz, par où transite près d’un quart du pétrole mondial. Le Brent s’est envolé au-dessus de 100 dollars, le diesel à la pompe approche 2,20 euros dans plusieurs pays européens, l’inflation repart, et les industries énergivores, déjà asphyxiées par deux ans de découplage gazier, commencent à vaciller. L’Europe, face à ce retour brutal de la réalité géopolitique sur ses écrans de contrôle, donne le spectacle d’une institution qui sait produire des communiqués de presse mais plus des politiques.
Philippe Murer a démonté les mécanismes un à un. L’empilement fiscal français — TICPE, TVA sur TICPE, contribution climat-énergie, quotas carbone — qui fait de l’État le premier rentier du plein des ménages. L’aberration d’un pays qui dispose du parc nucléaire amorti le plus puissant d’Europe et qui paie pourtant son électricité au prix du gaz allemand, par décision bruxelloise. L’extension prévue du marché carbone aux transports routiers et au chauffage résidentiel (ETS2), qui s’apprête à frapper mécaniquement les classes modestes et moyennes à partir de 2027.
Mais le cœur de l’intervention est ailleurs.
Philippe Murer a soutenu que la France vit un effondrement stratégique comparable dans son ampleur à celui de mai-juin 1940 : une armée économique en apparence moderne, bardée d’organigrammes et de budgets pléthoriques, qui découvre en quelques semaines que ses lignes de front industrielles et énergétiques ont été percées depuis des années. La comparaison n’est pas rhétorique. Elle s’appuie sur la désindustrialisation, le déficit commercial record, la dépendance aux importations d’hydrocarbures, la capacité de raffinage en chute libre, et une classe dirigeante qui multiplie les chèques conjoncturels en espérant que la tempête passe.
Philippe Murer a averti : la tempête ne passera pas. Le choc énergétique lié à la guerre en Iran n’est pas un accident extérieur, c’est un révélateur. Il met à nu deux décennies d’impasses européennes — abandon du nucléaire dans plusieurs États membres, dépendance au gaz russe puis au GNL américain trois fois plus cher, taxation du carbone sans frontière commerciale, ouverture à la concurrence chinoise des filières stratégiques.
Face au diagnostic, Philippe Murer propose la sortie des dispositifs européens asphyxiants, le redéploiement nucléaire pleinement assumé, ma protection tarifaire des filières critiques, Un programme de combat pour un pays qui, estime-t-il, n’a plus le luxe d’attendre un sursaut venu d’en haut.
L’émission est disponible dès à présent sur la chaîne YouTube de Putsch. Une heure indispensable pour qui veut comprendre la rupture énergétique en cours — et ce qu’elle impose d’urgence à la France.
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