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Bastien Bobe: « Pensez que le contenu que vous envoyez sur ces applis pourrait devenir public et qu’il faudra assumer que vos messages ou vos photos puissent être exposés au grand jour »

Alors que les données et les « data » prennent une place considérable dans le monde d’aujourd’hui pour exploiter au mieux les données de consommateurs, les messageries cryptées et non cryptées servent souvent d' »aspirateurs » pour mieux décortiquer notre vie privée et tout savoir sur nos habitudes.

propos recueillis par

Bastien Bobe, dans cet entretien, nous explique une réalité difficile à appréhender à la lumière de la nouvelle politique de confidentialité de WhatsApp. Il nous met aussi en garde sur l’utilisation de nos données personnelles et intimes. Bastien Bobe est security Sales Engineer chez Lookout et nous alerte sur des problèmes importants sur notre vie privée et nos données.

De plus en plus de gens sont réticents à l’idée d’utiliser WhatsApp. Ces craintes sont-elles fondées ?
Les utilisateurs de WhatsApp auront effectivement la possibilité de refuser les nouvelles conditions générales d’utilisation de WhatsApp et devraient se voir refuser l’accès à l’utilisation de l’application. La crainte principale des utilisateurs est que Facebook partage avec des entreprises leurs données afin de cibler des services de publicités ou des produits en fonction du contenu des messages ou du type de profil de l’utilisateur. Ces craintes sont fondées car c’est très certainement le but de Facebook suite au changement des conditions.

Est-ce ces problèmes de confidentialité sont présentes sur d’autres messageries ?
C’est effectivement déjà le cas sur les autres messageries de Facebook : Messenger et Instagram. Les utilisateurs de ces deux plateformes sont déjà « victimes » des transferts de données avec des sociétés commerciales et sont déjà ciblées avec de la publicité ciblées dans les plateformes en fonction des contenus de leurs conversations, la différence c’est que WhatsApp est chiffrée de bout-en-bout et donc Facebook n’accède pas aux contenus envoyés dans l’application WhatsApp, à l’inverse du contenu que vous envoyez dans Messenger ou dans Instagram.

 

« Les utilisateurs de Messenger et Instagram sont déjà « victimes » des transferts de données avec des sociétés commerciales et sont déjà ciblées avec de la publicité ciblées dans les plateformes en fonction des contenus de leurs conversations »

 

Et qu’en est-il des messageries cryptées ?
Les messageries dites « cryptées » permettent effectivement d’être assuré que des entités tierces ne puissent pas lire le contenu de vos messages ou les pièces jointes échangées, mais il faut tout de même bien choisir l’application car elles ne se valent pas toutes. En dehors de la notoriété d’une application, il faut choisir une messagerie dont le code a été audité par un tiers de confiance ou dont le code source est libre d’accès. Dans cette optique, l’application Signal coche quasiment toutes les cases, le code est open-source et son développement est financé par une fondation, ce qui devrait garantir son indépendance.
Cependant, même la messagerie la plus sécurisée du monde ne peut être efficace que si le terminal qui envoie ou reçoit les messages est sécurisé. Si un des deux smartphones est infecté par un logiciel malveillant, alors l’ensemble de la conversation peut être volé ainsi que le contenu des messages. Il faut donc s’assurer que son téléphone et celui de son interlocuteur dispose bien d’un antivirus efficace.

 

« Même la messagerie la plus sécurisée du monde ne peut être efficace que si le terminal qui envoie ou reçoit les messages est sécurisé. Si un des deux smartphones est infecté par un logiciel malveillant, alors l’ensemble de la conversation peut être volé ainsi que le contenu des messages »

 

Quelles sont alors les mesures à prendre pour les utilisateurs pour protéger au mieux leurs données personnelles ?
Ce que j’explique toujours aux utilisateurs de ce type de messagerie, ou des réseaux sociaux en général, c’est de ne pas envoyer de données confidentielles ou personnelles que l’on ne souhaite pas devenir public. Pensez qu’à tout moment le contenu que vous envoyez sur ces applications pourrait devenir public (diffusé volontairement ou intercepté) et qu’il faudra assumer que ce type de message ou de photo puisse être exposé au grand jour.

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