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Xavier Dabrowski : « Mes sculptures cherchent à transmettre la « présence », surtout pendant la Covid »

A travers le papier plié, ce sculpteur 2.0 se bat pour transmettre la puissance de la sculpture. Un art qu’il pratique en projetant et en réalisant des statues de personnages appartenant tant à la sphère sacrée que profane. Alors que le monde se confine pour la deuxième fois et que les musées sont fermés, à cause du coronavirus, Putsch interviewé Xavier Dabrowski, en première ligne pour continuer à faire vivre la beauté.

propos recueillis par

D’où vient votre passion pour les sculptures en papier et quand avez-vous  commencé à la pratiquer ?

Professionnel dans la modélisation 3D, j’ai découvert via des échanges facebook le logiciel japonais Pepakura, qui permet de mettre à plat un pliage 100% en 3D. Un congé maladie de longue durée (2017) m’a permis d’en explorer le potentiel, d’abord à partir des éléments 3D déjà créés. Ensuite j’ai réalisé des modèles destinés aux versions papier.
La 3D permet d’aller très loin. L’impression 3d qui est aujourd’hui mon gagne-pain reste coûteuse en volume. Le prix du papier est faible et permet de réaliser d’importants volumes ! Étonnant ! Même le célèbre site mondial Pixologic, spécialisé dans la sculpture 3D du cinéma, des jeux vidéo et d’autres domaines, m’a demandé une vidéo.

 

Quels sont vos sujets préférés et  vos sources d’inspiration ?

Pour ce qui est de l’inspiration, je suis allé un peu dans tous les sens d’exploration, mais je suis très motivé par la présence de personnages. Récemment, j’ai bataillé pour convaincre ma paroisse d’exposer des thèmes chrétiens. Nous avons même décidé de créer une statue de Saint-André pour l’église (une paroisse d’Aix-en-Provence, ndlr) en attendant une réalisation plus durable. L’histoire de la sculpture chrétienne en particulier est un thème merveilleux à explorer. Je crée donc spontanément aussi des sculpture inspirées   d’anciennes merveilles.

 

« L’histoire de la sculpture chrétienne en particulier est un thème merveilleux à explorer »

 

Qui sont vos « clients » ?

A ce jour, j’ai gagné de grands sourires joyeux en arpentant les rues avec mes pliages sur le dos et un joli succès de likes sur internet, mais encore peu de clients au sens strict. Mes modèles sont plus complexes que le papercraft ludique, présent sur des sites comme créations personnelles. Je n’en vends qu’une partie à 10€ dans la version « prêt à plier ». J’enseigne dans une école primaire sur Aix-en-Provence pour apprendre  les bases de montage aux enfants. Il faut rester assez simple pour ces apprentissages. Je travaille également avec l’organisation des animations périscolaire d’Aix-en-Provence, pour qui j’enseigne du CP au CM2 les bases de sujets. Ma spécificité, c’est que je crée tout à partir de rien… Ce sont mes futurs assistants. Néanmoins, mon objectif  reste de vendre la « présence »  des statues de saints dans les églises, déjà montées ou à réaliser en paroisse, ou chez soi.


Peut-on dire que dans un monde confiné à cause de la Covid, avec les musées fermés au public, vos créations inspirées des grands classiques peuvent-elles susciter des vocations ?

Oui  la Covid nous a plongés dans une période qui permet de réaliser chez soi, des œuvres de tout style en chargeant juste un PDF, ou le fichier dans le logiciel dédié. Je compte beaucoup d’abonnés sur des pages nationales, francophones, ou internationales.

 

Nous  sommes dans  la période de Noël, êtes-vous un « santonnier 2.0 »?

La crèche est chaque année un grand projet. J’ai réalisé un décor géant d’une crèche provençale pour la paroisse st Jean de Malte à Aix, avec la Sainte-Victoire, notre montagne locale, de plus de 2 m de long et 1 m de haut en décor. Mais il y a une recherche à mener pour créer un style de personnages à développer.

 

Quels sont vos projets pour les prochains mois ?

Mes projets restent l’affinement de sculpture dont la présence provoque involontairement un petit sourire chez les gens, cela permet de redonner accès au réel grâce à de petites merveilles sculptées.

 


(Crédit images à la une et dans cette interview : © Xavier Dabrowski)

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