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L’irrésistible ascension des eSports

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Depuis quelques années, les compétitions de jeu vidéo, connues sous le nom d’eSports (ou sports électroniques) ont connu une progression fulgurante. De plus en plus nombreuses et populaires à travers le monde, ces épreuves intéressent aujourd’hui un large public de passionnés, créant un authentique phénomène de société.

 

Un phénomène dont on peut remonter les origines à l’apparition des jeux vidéo dans les années 1970. On raconte ainsi que le premier tournoi recensé eut lieu en 1972 entre les étudiants de l’Université américaine de Stanford. Le vainqueur gagna comme premier prix à l’époque… un abonnement au magazine Rolling Stone. En 1980, Atari organisa ce qui reste dans la mémoire collective comme le premier véritable championnat de jeux vidéo de l’histoire, où 10000 participants s’affrontèrent sur le mythique jeu Space Invaders. Les eSports étaient nés.

Des gains en millions

Avec le développement de consoles et d’ordinateurs toujours plus perfectionnés, le marché des jeux vidéo a connu durant les dernières décennies une croissance exponentielle. Aujourd’hui en 2020, on estime que quelque 2,2 milliards de personnes jouent à des jeux vidéo, soit un tiers de la population mondiale. Devant un tel essor, la communauté de gamers s’est peu à peu structurée. Des fédérations se sont créées et des championnats internationaux opposent désormais régulièrement la crème du jeu mondial. Comme c’est le cas aux échecs, au poker ou au jeu de go, les eSports ont désormais leurs joueurs professionnels. Et les meilleurs d’entre eux peuvent gagner jusqu’à 15000 dollars mensuels en tant que joueur de League of Legends. Certains ont même atteint le statut de star, tels Johan Sundstein.
Avec plus de 6,8 millions de dollars US de gains en tournois, ce Danois de 26 ans, mieux connu sous le pseudonyme ‘N0tail’ est aujourd’hui le gamer le mieux payé au monde.

Il faut dire que les plus grands événements du genre ont vu dernièrement leurs dotations s’envoler. Dans les championnats de Dota 2, League of Legends ou Counter Strike qui sont les jeux les plus populaires, elles avoisinent voire dépassent désormais les 30 millions de dollars en prix.

Un marché un plein boom

Dans ce contexte, on comprend mieux comment l’eSport est devenu une discipline à part entière, faisant les gros titres du New York Times. Surtout, c’est un business florissant qui a généré pour la première fois plus d’un milliard de dollars en 2019, soit 26% de plus qu’en 2018. Et les prévisions pour les prochaines années sont très optimistes. Si le sponsoring et la publicité représentent près de 60% des revenus du marché, les droits de diffusion ont littéralement explosé ces dernières années, augmentant de 88% l’an dernier ! Et pour cause, ils sont des millions de spectateurs, toujours plus nombreux, à assister aux plus grands tournois retransmis en streaming via des portails web spécialisés, Twitch et HLTV en tête.

Les grands championnats de eSports rapportent à leurs vainqueurs plusieurs millions de dollars

 

 

L’intérêt des chaînes de télévision

Mais les grands diffuseurs institutionnels commencent eux aussi à s’intéresser au phénomène. La chaîne américaine ESPN2 aux États-Unis a fait figure de pionnière en diffusant dès 2014 la finale du championnat « The international » du jeu Dota 2, rassemblant pour la première fois près de 20 millions de téléspectateurs. En France, il a fallu attendre 2017 pour voir C8 diffuser un concours, en l’occurrence un tournoi de Counter Strike : global offensive, mais L’Equipe TV, Bein Sports ou Canal + ont tour à tour commencé à proposer du eSport à leur public. Surfant sur cette vague, janvier 2018 a vu la naissance d’ES1, première chaîne française entièrement dédiée au sport électronique avec l’ambition d’accroître encore sa visibilité.

Une consécration olympique ?

Pour les eSports, la consécration finale auprès du grand public passera-t-elle par une inscription au programme des Jeux Olympiques ? Le Comité international olympique (CIO) avait un temps sérieusement envisagé la possibilité d’inscrire la discipline au menu de Paris 2024 avant de se rétracter, jugeant le projet ‘prématuré’. Si le CIO, conscient du potentiel du sport électronique, affirme ‘ne pas vouloir lui fermer la porte’ à l’avenir, ses porte-paroles ont fait savoir que l’eSport devra procéder à quelques ajustements afin de mieux adhérer aux « valeurs » de l’olympisme. En d’autres mots, proposer des jeux moins violents. Autant dire que pour voir attribuer les premières médailles d’or en jeu vidéo, il faudra encore patienter un peu.

(Photo par Florian Olivo, CC0)

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