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(Vidéo) Uri Levine, co-fondateur de Waze : « Startupers, n’ayez pas peur des erreurs, faites-les le plus tôt possible ! »

Uri Levine, le co-fondateur de « Waze » a accordé à Putsch une interview dans laquelle il a abordé plusieurs sujets d’actualité : de la sécurité des données personnelles aux véhicules autonomes, de l’intelligence artificielle aux start-ups. Ce passionné d’innovation a consacré toute sa carrière à la recherche de solutions capables de réduire les pertes d’argent et de temps aux consommateurs. Uri Levine n’a pas peur de dire qu’il connu des succès retentissants mais aussi des échecs. Pour cette raison, ses conseils sont incontournables pour tout entrepreneur.

propos recueillis par

Quand on rencontre Uri Levine on ne peut pas rester indifférent à sa simplicité et sa disponibilité. Bien qu’il ait été l’un des co-fondateurs de Waze – l’application de navigation utilisée par plus de  250 millions de conducteurs dans le monde – il est prêt à partager son expérience avec de « jeunes pousses » car il les considère comme des potentiels pourvoyeurs d’innovations utiles à changer le monde…en mieux.

Après avoir co-fondé Waze, Uri Levine a continué à jouer le rôle de co-fondateur, président ou membre du conseil d’administration, de plusieurs start-up et entreprises telles que : FeeX, Moovit, HERE, Engie, FairFly, WeTrip, Seetree, Refundit et Livecare.

 


 

Croyez vous que le soutien public des start-ups et des médias start-up soit une bonne idée ?

En fin de compte, les entrepreneurs sont en train de changer le monde. Si on regarde les changements qui se sont produits dans les dernières années et décennies, on voit qu’ils ont tous été réalisés avec des entreprises. Le rôle des autorités publiques et des médias est d’encourager cela à travers des règles et une politique fiscale. Cette dernière est l’outil des politiques et des autorités . Ils peuvent taxer davantage ce dont ils ne veulent pas et au contraire baisser les impôts sur ce qu’ils souhaitent encourager. Pour les médias, indépendamment de leur succès, encourager l’indépendance signifie encourager plus de personnes à se lancer et à entreprendre.

 

 

Que pensez-vous des réseaux sociaux, des start-ups ou d’autres entreprises du numérique qui acceptent de communiquer les données personnelles de leurs utilisateurs à des gouvernements ? 

Je pourrais vous poser la même question. Qu’en pensez-vous ? Peut-être, dans certains circonstances, vous diriez : “si c’est pour le bien commun, ça a du sens”. Mais s’il s’agit de répondre à une exigence du bien commun, au frais de la confidentialité des information privées, cela n’a pas de sens. Les données personnelles ne peuvent pas être violées. Quand nous avons commencé avec Waze, nous nous sommes dits : “Nous sommes du côté des conducteurs, n’est-ce pas ? Donc nous n’allons pas partager des informations privées avec qui que ce soit”. Mais réfléchissez à l’accumulation des informations. Imaginez que je puisse dire à chaque commune, partout dans le monde, combien de temps il faut pour tourner à droite à tous les feux de la ville… Cela chaque jour, chaque heure… Avec ces informations, on peut optimiser la circulation. Donc cela a du sens d’utiliser ces informations mais sans que cela soit fait aux dépens des informations privées. En d’autres termes, s’il n’y a pas une diminution de la confidentialité, ma réponse est oui.

 

« Les données personnelles ne peuvent pas être violées. Lorsque nous avons commencé Waze, nous nous sommes dits : nous sommes du côté des conducteurs, n’est pas ? Donc nous n’allons pas partager des informations privées avec qui que ce soit »

 

Vous avez déclaré avoir créé Waze parce que vous détestez la circulation. Quel regard portez vous sur les véhicules autonomes ?  Est-ce qu’ils représentent une solution que les villes doivent prendre sérieusement en considération pour réduire la circulation ?

A l’origine des bouchons il y a un problème d’espace. Nous occupons trop d’espace avec nos véhicules privés. Dans les pays occidentaux, la moyenne des passagers dans chaque voiture tourne autour de 1,1-1,2 personne. C’est pour cette raison que nous sommes bloqués dans la circulation. Nous avons besoin de changer cette moyenne. Cela est relativement simple, on peut par exemple encourager l’utilisation du transport public et le covoiturage.

Mais l’encouragement ne doit pas être seulement oral. Il doit se faire concrètement, il faut subventionner ces utilisations. Donc il faut encourager l’utilisation des transports en commun car en augmentant le nombre de passagers on peut réduire la circulation. On peut aussi créer un système bien meilleur et plus articulé. Par exemple, imaginons réserver la moitié des rues d’une ville exclusivement aux transports en commun. Imaginons aussi de faire circuler dans ces-mêmes rues des véhicules plus petits faisant des allers-retours en continu. On pourrait contrôler la fréquence des passages. Ce système permettrait de rejoindre n’importe quel lieu dans une ville.  De plus, si les véhicules étaient autonomes, le système de transport coûterait encore moins cher car, pour les sociétés de transport en commun, le poste de dépense le plus important c’est le coût du personnel. On pourrait donc avoir un meilleur système pour tout le monde.

 

« Quand nous parlons d’ intelligence artificielle, on fait référence au fait que nous, les êtres intelligents, nous allons apprendre aux ordinateurs »

 

Cette solution pourrait-elle réduire les accidents et donc augmenter la sécurité ?

Il faut considérer la sécurité sous deux angles différents. Sans doute, la création de voies réservées réduirait le nombre d’accidents car, si on ne fait pas circuler plusieurs types de véhicules sur les mêmes voies, il y aura moins d’accidents. S’il n’y a pas de piétons dans la rue, ils ne pourront pas être renversés par des véhicules. De même, si les vélos circulent sur des voies consacrées, il y aura moins d’accidents entre les deux roues et d’autres véhicules. Mais il y a aussi un autre aspect de la sécurité. Nous devons nous poser cette question : les usagers considèrent-ils être en sécurité quand ils voyagent dans les transports en commun ? On peut constater que, depuis quelques années, la plupart des usagers du transport public sont des hommes. Les femmes ont peur des agressions dans les bus ou les métros et elles ne sentent pas à l’aise. Je crois que cela est un grand erreur.

 

« Les essais qui ont échoué vont augmenter les probabilités de trouver la bonne solution »

 

Pensez-vous que l’intelligence artificielle remplacera l’être humain ?

Je ne crois pas. Quand nous parlons d’ “intelligence artificielle”, on fait référence au fait que nous, les êtres intelligents, nous allons apprendre aux ordinateurs à faire la même chose à l’infini et plus rapidement de ce que nous pouvons faire.

Avez-vous un conseil à donner à des futurs créateurs de start-ups  ?

Essayez d’identifier un problème important sur lequel il est intéressant de se pencher, puis commencez le voyage de votre entreprise en suivant ce problème. N’ayez pas peur des erreurs et faites des erreurs le plus tôt possible ! Faites des expériences et prenez en considération différentes hypothèses. Les échecs augmenteront les probabilités de trouver la bonne solution car vous allez identifier tous les obstacles qui vous empêchent de la trouver.

 

 


(Photo à la une : Uri Levine – DR. L’interview a été réalisée en marge d’une conférence co-organisée par EIPA-Europe Israel Press Association)

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