Sharren Haskel : « Les leaders européens font comme s’il n’existait pas une menace iranienne déclarée contre Israël »

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A 35 ans, elle est l’une des plus jeunes députées israéliennes et elle a déjà participé à deux législatures avec le parti du Likoud. Depuis plusieurs années, elle travaille sur de nombreux projets de simplification de l’administration publique. Elle est également membre du comité parlementaire des affaires étrangères et de défense, Sharren Haskel a une idée très précise des menaces qui pèsent sur Israël et invite les gouvernements occidentaux à changer d’attitude vis-à-vis de l’Iran. Putsch l’a interviewée à quelques jours des élections législatives qui auront lieu en Israël le 17 septembre 2019.

propos recueillis par

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Vous êtes candidate à la Knesset pour ces nouvelles élections législatives. Quelles sont les urgences pour l’Etat d’Israël et pour la vie quotidienne des citoyens israéliens ?

Les électeurs israéliens ont deux priorités : la sécurité et la politique internationale mais aussi la politique économique.

Justement à propos de l’économie, faut-il changer quelque chose dans le système productif de votre pays ?

L’économie israélienne souffre d’un problème de concentration du pouvoir. Il y a beaucoup de monopoles et de duopoles. De plus, selon les statistiques de l’OCDE, Israël figure comme l’un des États où il y a une énorme bureaucratie. L’un de mes objectifs est donc celui de réduire cette bureaucratie, simplifier les règlements et baisser les impôts.

 

« Notre taux de chômage se situe autour de 3,7%. C’est l’un des plus bas au monde »

 

Quel est l’impact de cette bureaucratie sur la vie des citoyens ?

Dans de nombreux secteurs, les prix sont très élevés à cause de la présence d’une nombre trop important de règles et de normes. Pour cette raison, cela coûte cher d’acheter un appartement ou même une voiture.

Comment le pays est arrivé à cette situation ?

Israël a été fondé sur des principes inspirés au socialisme. Bien sûr, le pays a toujours eu une économie ouverte mais avec beaucoup de freins. Depuis quatre ans, je suis engagée dans un travail de simplification réglementaire dans plusieurs secteurs : les médias, le commerce ou encore l’alimentation.

 

Bandeau du compte twitter de Sharren Haskel

Croyez-vous qu’Israël puisse s’inspirer des plans de simplification adoptés par d’autres pays?

Bien sûr, je crois que c’est important. Cela aussi parce que Israël est capable d’atteindre des résultats importants du point de vue économique. Par exemple, notre taux de chômage se situe autour de 3,7%. C’est l’un des plus bas au monde. Nous nous définissons comme la “Start-up Nation”. Mais, à côté de cela, nous avons ce problème d’une bureaucratie trop importante.

 

« L’économie israélienne souffre d’un problème de concentration du pouvoir. Il y a beaucoup de monopoles et de duopoles »

 

Parlons de sécurité. Il y a quelques jours on a assisté à des attaques des roquettes tirées par le Hezbollah au nord d’Israël, depuis le sud du Liban. A votre avis, ce regain de tension est dû aussi à l’attitude, vis-à-vis d’Israël, de la communauté internationale?

Je peux vous dire que l’approche que la communauté internationale adopte vis-à-vis de l’Iran ne favorise pas la stabilité dans notre région. Les leaders européens, par exemple, font comme s’il n’existait pas une menace iranienne déclarée contre Israël. Cela peut être perçu par le régime de Téhéran comme une “acceptation” de leur haine contre Israël. Il faut se rappeler que c’est le seul cas au monde où un État affirme publiquement vouloir détruire un autre État. De plus, l’Iran mise à déstabiliser aussi d’autres régions, il représente une menace pour plusieurs pays sunnites tels que l’Arabie Saoudite, le Yémen, l’Irak où, encore, la Syrie.

Donc doit-on s’attendre à un regain de tensions à la frontière au nord d’Israël?

Ce qui se passe avec Hezbollah est encore lié à l’Iran. Parce que cette force terroriste est commandée depuis Téhéran. Les européens devraient, à mon avis, s’engager à punir le Hezbollah, plutôt que de laisser aller les choses de cette façon.

Pensez-vous que le gouvernement qui sortira des élections israéliennes du 17 septembre devra changer d’attitude vis-à-vis des pays européens?

Je crois qu’il devra convaincre l’Europe de changer d’idée sur l’Iran car, plus ce pays restera fort,  plus Hezbollah représentera une menace pour le nord d’Israël.

 


(crédit photo à la une : la députée israélienne Sharren Haskel – photo D.R)

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