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Mustapha Aouar : « Un festival qui propose d’aller se voir ailleurs qu’à Avignon »

Mustapha Aouar directeur de Gare au Théâtre et grand ordonnateur du festival « Nous n’irons pas à Avignon » vit sa dernière saison et sa dernière édition du festival avant de se consacrer exclusivement à sa compagnie dès septembre.
Pour ce dernier rappel, Mustapha Aouar a répondu à nos questions et notamment à celle-ci : pourquoi venir à Gare au Théâtre à Vitry S/Seine plutôt qu’à Avignon cet été pour voir du théâtre?

propos recueillis par

En quoi « Nous n’irons pas à Avignon » est-il un contre festival au Festival d’Avignon ?
Parce qu’il se propose, de lui même et de fait, d’aller se faire voir ailleurs.

Qu’est-ce qui est possible sur ce festival qui n’est pas envisageable à Avignon ?
Il est possible de se produire ailleurs, surtout autrement tout en y faisant référence.
Jouer sans se presser… uniquement pour le plaisir.. tant qu’à faire!

Déjà la 21ème édition, comment un festival survit-il pendant tout ce temps alors qu’il est né de l’idée du contre-pied ?
Ce festival survit en faisant le contre-pied de nez de ses propres initiatives.

Est-ce ce côté pluridisciplinaire qui a permis le festival dans la durée ?
Gare au Théâtre était une mise en garde amusante du « gare » mais aussi une mise en gare de formes de théâtre, de fait ouvertes aux autres disciplines. C’est le propre d’une gare, l’échange d’autant qu’il s’agit de « fret » artistique au sens large.

Comment sont choisies les troupes et les compagnies qui y participent ?
Nous avons proposé cette année une règle de « jeu », une « contrainte d’espace/temps », pour des formes courtes sur une même scène de deux mètres sur 2.
Nous n’avions que 30 créneaux et 150 compagnies ont répondu présentes. Elles nous ont proposés pour la plupart une création plutôt qu’une recréation ou une adaptation..
C’est dans cette contrainte que se fait notre choix car nous ne pouvons pas nous prétendre programmateur parce que nous ne disposons pas de budget pour acheter. Nous ne faisons que les accompagnateurs qui ont pour objectif que cela ne coûte rien aux compagnies.

Et comment équilibrez-vous ce savant dosage pluridisciplinaire sur la durée du festival ?
Cela se fait par la richesse et la diversité des propositions qui dialoguent bien évidemment

Crédit ©francoissaintremy

 

C’est votre dernière année en tant que directeur avant de laisser votre place pour vous occuper exclusivement de votre compagnie. Que retiendrez-vous de toutes ces années ?
Une vie en été riche d’événements et de découvertes qui ont fait, pour moi, du mois de juillet le plus beau de la saison.

Diane Landrot et Yann Allegret arrivent dès septembre à la Gare au Théâtre. Qu’est ce que cela vous inspire ?
C’est un grand soulagement et la plus grande joie de voir l’aventure de ce lieu dit « intermédiaire » se projeter vers de nouvelles aventures.

En tant que directeur de théâtre, quel rôle joue aujourd’hui l’Art Vivant dans une société comme la nôtre, divisée et fracturée ?
L’artiste est une personne comme les autres préoccupée par le même quotidien. La différence, c’est que la matière première de son travail est le « Sensible ». Il peut jouer de fait, comme il l’a toujours fait dans l’histoire et ce jusqu’à la plus haute antiquité le rôle de passeur ou de lien entre ceux qui ont le ou les pouvoirs de faire et ceux qui le ou les subissent….
Le spectacle vivant, c’est aussi et de fait, un des vrais endroits de moment de vie partagé.

 

Festival Nous n’irons pas à Avignon
du 11 juillet au 4 août 2019

SEMAINE #2
du jeudi 18 au samedi 20 juillet à Gare au théâtre
& dimanche 21 juillet : Balade à vélo sur la Bièvre
Réservations 01 43 28 00 50 – www.gareautheatre.com
Plein tarif : 13€ – Tarif réduit : 10€ – Tarif enfant : 6€
spectacle jeune public tarif unique : 6€
Gare au Théâtre (à 50m du RER C)
13 rue Pierre Sémard 94400 Vitry-sur-Seine

www.gareautheatre.com

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