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Institutions européennes : la stratégie perdante d’Emmanuel Macron

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Les quatre pays de l’Est ont, avec l’Italie, pesé de façon déterminante dans le choix des personnalités qui guideront l’UE ces prochaines années.

Plusieurs médias français et allemands, les ont souvent décrits comme « isolés » mais les quatre pays de Visegrad et l’Italie, ont fait échouer la candidature de Frans Timmermans et de Michel Barnier.  Sauf coup de théâtre, la présidence de la commission UE et la direction de la BCE, ont désigné l’ancienne ministre de la défense allemande, Ursula von der Leyen, et l’actuelle directrice du Fond Monétaire International (FMI) , Christine Lagarde. Cependant ces deux personnalités ne sont pas les « premiers choix » de Paris et de Berlin.

De plus, elles présentent des atouts et des faiblesses dont les pays de Visegrad, l’Italie ou aussi la Grèce, pourraient profiter. D’abord il y a l’atlantisme affiché par Madame von der Leyen. Cela plaît beaucoup aux pays de l’Est ainsi qu’à ceux de la mer Baltique. Cette position incarne un bouclier contre la Russie. De plus, cette vision s’oppose à celle d’Emmanuel Macron concernant la défense européenne. Mais la présidente probable a aussi son talon d’Achille notamment sur son inclinaison à une forte austérité vis-à-vis de la Grèce. Il est difficile d’imaginer qu’elle bénéficiera d’un chèque en blanc en matière économique de la part des pays qui ont subi la rigueur allemande, depuis la crise de 2008.

Quant à Christine Lagarde, bien que la BCE soit indépendante de la politique, ne pourra ignorer les aspirations de flexibilité de la part de Rome et d’autres capitales. Dans le cas contraire, elle risque de favoriser l’éclatement de la zone Euro. En ce sens, il suffit de dire que certains membres du gouvernement italiens seraient prêts à créer des « mini BOT » (Bons ordinaires du trésor, ndlr). Il s’agit d’obligations d’État d’une valeur de 100 à 200 euros, utilisables par l’administration publique pour régler ses dettes avec les entreprises ayant travaillé pour elle. En d’autres termes, il s’agirait d’une forme de monnaie parallèle à l’Euro, parfaitement légale.

Dans l’ensemble, les négociations pour le choix des futurs leaders de l’UE, ont montré que le poids de Paris et de Berlin en Europe est désormais bien plus limité qu’auparavant. En outre, elles ont laissé apparaître que la fermeté affichée par la majorité présidentielle française n’était qu’une façade car, en coulisse, la France a été contrainte à des concessions.

A l’avenir on pourrait imaginer qu’aux déclarations péremptoires du président Macron, dans les couloirs de l’UE, suivront des décisions de l’Union diamétralement opposées aux souhaits de Paris. D’autre part l’architecture institutionnelle actuelle de l’Union Européenne, ne favorise pas la transparence concernant l’intérêt des Etats et des citoyens mais incite plutôt aux négociations politique en coulisses.

 

 


(crédit photo à la une : Emmanuel Macron au Conseil européen – © Union Européenne)

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