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Jérémie Kletzkine : « En Israël, une start-up est une entreprise qui crée en un minimum de temps un maximum de valeur »

Depuis Tel-Aviv – Jérémie Kletzkine est le vice président de Start-up nation Central basé au coeur de Tel Aviv. C’est le moteur de l’innovation israélienne des start-ups. Putsch a été reçu au troisième étage de cet élégant building avec une belle vue sur la ville depuis la terrasse. C’est ici que l’activité débordante des start-ups israélienne est coordonnée et accélérée. Jérémie Kletzkine incarne à merveille cette « Chutzpa » (audace) et ce franc-parler sur cet écosystème ultra dynamique qui ne cesse de battre des records d’investissements, d’innovations et de succès. Il est aussi question des différences fondamentales des start-ups israéliennes et européennes.

propos recueillis par

Pourquoi le modèle israélien de l’innovation et des Start-ups est-il différent ?
D’abord parce que la définition de la Start-up est totalement différente ici en Israël car ce qui est important, c’est la création de valeur. On ne parle pas de création d’emplois ou encore de digitalisation car ce n’est pas forcément important. L’entreprise doit pouvoir créer en un minimum de temps un maximum de valeurs. Nous avons ici un terreau qui est différent de ce qu’on va trouver en Europe où l’on est sur une idée de création d’entreprises plus traditionnelles.

« On ne parle pas de création d’emplois ou encore de digitalisation car ce n’est pas forcément important »

 

Où réside cette différence ?
Les Israéliens n’ont pas de marché local et ils vont d’abord créer de la technologie en pensant ce qu’ils vont en faire par la suite. L’écrasante majorité des start-ups en Israél sont dans un système B to B et leur intérêt va être de trouver l’applicatif pour cela. Il n’est pas question de résoudre un problème à la base mais ce sont des solutions qui cherchent des problèmes.

Quelle est la différence entre la start-up française et israélienne ? Et combien sont-elles ici en Israël ?
On parle aujourd’hui de 6000 startup basées en Israël. Dans ce nombre, il n’y a pas d’activités dans le domaine du service comme la création de sites web, l’impression 3D ou encore une activité de coursiers à vélo. En somme, toutes ces entreprises avec de jeunes gens et des ordinateurs, ici, on n’appelle pas cela des start-ups mais plutôt des entreprises traditionnelles dans le monde du numérique. Vous avez là une très grosse différence. Pour nous une Start-up, encore une fois, est une entreprise qui va créer beaucoup de valeurs très souvent basée sur de la technologie.

 

« Les Israéliens n’ont pas de marché local et ils vont d’abord créer de la technologie en pensant ce qu’ils vont en faire par la suite »

 

Qu’est ce qui en train de changer aujourd’hui dans le monde des start-ups en Israël ?
Depuis deux ou ans, il y a une tendance à penser qu’il y a moins de deals, moins de rachats d’entreprises dans certains domaines en particulier comme la cybersécurité. Certains y voyaient un problème de crise ou même de bulle. En réalité, certaines entreprises ont préféré grandir plutôt que de se faire racheter et elles grandissent avec le temps.

 

« En réalité, certaines entreprises ont préféré grandir plutôt que de se faire racheter et elles grandissent avec le temps »

 

Est-il possible aujourd’hui d’installer sa start-up en Israël ?
Je pense qu’il y a trop de start-ups en Israël et il est très difficile ici de faire sa place. Et avant toute chose, avant de s’installer, il faut avoir conscience de la valeur qu’on va apporter dans cet éco-système, il faut penser de façon globale et créer quelque chose qui n’existe pas en Israël.

 

Le site officiel de Start-Up Central nation

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