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Patrice Gueniffey: « La crise de l’Histoire, c’est le déracinement des élites en France »

« Le pouvoir n’est pas seulement la capacité d’imposer, mais peut-être moins d’imposer que d’arbitrer et de faire des choix. L’essence même de la politique, c’est le choix » Le grand historien Patrice Gueniffey a accordé un très long entretien à Putsch pour la sortie de l’ouvrage « Les grandes décisions de l’Histoire de France » où il aborde la question des choix politiques et de la capacité des grands hommes à faire ou à défaire l’Histoire parfois par incompétence, faiblesse ou maladresse. Le propos est absolument passionnant autant que discordant sur ces questions posées par l’Histoire de France. A lire de toute urgence !

 

«On a voulu jeter par la fenêtre les événements ». Qui est ce « on », Patrice Gueniffey ?
Qui est « On » ? Mais aussi « On » quand ? Il est vrai que depuis la fin du 19ème siècle, la sociologie, la transformation de l’Histoire en une science, ont diminué la part accordée aux individus, au profit des évolutions silencieuses et des transformations lentes et surtout impersonnelles. Cela a été l’économie, les classes sociales, puis est arrivé là-dessus la psychanalyse qui a expliqué, même s’il y a une part de vérité à ce propos, que c’était l’inconscient qui gouvernait les conduites individuelles et collectives. Par la suite, le structuralisme a avancé l’idée que cela reposait sur des structures très profondes, que nous ne maitrisions pas et qui agissaient de l’intérieur. Il y a donc eu plusieurs choses à cela pour expliquer que les hommes n’ont pas le contrôle de leur histoire. Et comme disait Karl Marx, « ils font l’histoire mais ils ne savent pas quelle histoire ils font ».
Dans le domaine de l’Histoire, cela a été aggravé car l’Histoire a toujours rêvé d’être considérée comme une science. Et les historiens aimeraient être considérés comme des scientifiques, qu’ils ne sont pas. Ils travaillent sur des sources manuscrites, sur des débris qui leur interdisent même de restituer la totalité du passé. Par la suite, le marxisme a été dominant dans cette évolution jusqu’à son déclin intellectuel dans les années 1970.
A partir du moment où le marxisme, avec les lois de l’Histoire, la domination d’une classe sociale comme moteur social et le prolétariat, ont décliné avec l’Union soviétique, on a redécouvert la part consentie aux individus.

 

« A partir du moment où le marxisme, avec les lois de l’Histoire, la domination d’une classe sociale comme moteur social et le prolétariat, ont décliné avec l’Union soviétique, on a redécouvert la part …

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