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Les Boutographies : la photo européenne s’expose à Montpellier

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L’édition 2019 des Boutographies, les rencontres photographiques de Montpellier, se poursuit jusqu’au 26 mai. Sur les murs du pavillon populaire, les nouveaux talents européens sont mis en lumière.

Cette année, il semble qu’illusion et matérialité se confondent pour mieux parler des réalités du monde.
Notre œil s’est particulièrement posé sur le travail de Geoffroi Caffiery et sa série « Dis Papa » : l’émouvant regard d’un père sur son fils diagnostiqué schizophrène, maladie stigmatisée et stigmatisante. L’originalité du projet tient aussi aux commentaires des photos : des paroles du fils retranscrites dans des carnets entiers, matérialisées ici en témoignage. Des photos sans cadre, un corps et un esprit en mouvement perpétuel alors que l’espace du modèle est souvent réduit à une simple chambre… La désorganisation de la pensée et des émotions transparaît bien et, paradoxalement, un certain calme se dégage de l’ensemble. Touchant et troublant. « J’espère que le regard des gens change par rapport à la maladie. Au lieu d’avoir un regard de jugement sur l’autre, je préfèrerais qu’on se demande : qu’est-ce qu’on a fait ensemble, et qu’est-ce que nous ferons ensemble pour que ça change ? », commente Geoffroi Caffiery.

Geoffroi-Caffiery-dis-papa

 

Autre travail remarqué (et remarquable selon nous) est celui de Brigitte Lustenberger. On est là dans tout le paradoxe de la photo : capter un moment furtif et le figer dans le temps pour toujours. Intitulé « This Sense of Wonder », l’installation met en avant le vieillissement, la mort et par ricochet, la fragilité de la vie. Il y a ici la poésie du retour à la vie via une diapositive usée par le temps, la mélancolie dans des yeux à jamais figés, l’éphémère décrépitude d’une fleur ou la mort (insignifiante pour l’humain) d’un insecte – cliché par lequel tout a d’ailleurs débuté pour l’artiste. « J’ai toujours été attirée par les choses qui vieillissent, qui sont mortes ou qui ne sont plus considérées comme intéressantes : pour moi, elles sont toujours extrêmement belles », explique Brigitte Lustenberger.

On aurait pu, aussi, s’attarder sur le travail de Matthieu Gafsou et la mise en lumière de toxicomanes de la ville de Lausanne, des portraits d’un onirisme assumé pris dans un pays riche et idéalisé… Ou encore les photos d’Iran de Sébastien Cuvelier qui montrent un autre visage du pays, peut-être plus « rêvé et métaphorique » mais quand bien même tiraillé entre tradition imposée et émancipation souhaitée.

Les Boutographies proposent particulièrement cette année « le traitement d’un endroit, de personnes, d’un moment, pour créer une atmosphère », selon Christian Maccotta, directeur artistique du festival. Le meilleur moyen de s’en imprégner est alors de poser son regard sur elles. Au pavillon populaire de Montpellier, mais aussi dans une quinzaine de lieux pour la partie « hors les murs » du festival.

Les Boutographies – Rencontres photographiques de Montpellier – Du 4 au 26 mai 2019 – www.boutographies.com

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