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Djordje Kuzmanovic : « Les Gilets Jaunes sont nés le 14 février 2008 alors qu’était ratifié le Traité de Lisbonne »

Alors que la crise des Gilets Jaunes entre dans son troisième mois de mobilisation, le paysage politique français est bouleversé par des revendications fortes autour de la justice sociale, fiscale et une demande puissante de démocratie de la part d’une majorité de Français.
Djordje Kuzmanovic, ancien conseiller aux affaires internationales de Jean-Luc Mélenchon, a été exclu de la liste des Insoumis pour les élections européennes en fin d’année dernière. Il a accordé une grande interview à Putsch pour expliquer les raisons de son départ de France Insoumise.

Il analyse la crise des Gilets Jaunes et propose plusieurs pistes pour que la France reprenne en main sa souveraineté face à l’Union européenne pour laquelle il n’a pas de mots assez durs.

Vous avez quitté la France Insoumise récemment. Vous avez accordé une longue tribune chez nos confrères de Marianne dans laquelle vous avez mis en exergue le fonctionnement anti-démocratique du parti. Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?
Le récent « bannissement » de mon camarade François Cocq par un tweet mâtiné d’insultes inacceptables illustre assez clairement le fonctionnement non démocratique de la France Insoumise. Dans ce mouvement, et malgré les demandes répétées de militants depuis les élections de 2017, on ne trouve ni procédure d’adhésion, ni élections internes, ni direction officielle, ni aucun espace de débat, d’où la cacophonie quand il y a des revirements idéologiques ; à la place, des radiations sans explications, des conventions millimétrées, une direction officieuse. Un tel système interne est inacceptable alors qu’on exige, à raison, plus de démocratie dans la société et une nouvelle République.

En quoi et pourquoi France Insoumise s’est-elle éloignée progressivement de la majorité du peuple français ?
Ce n’est pas exact. La France Insoumise était, il y a encore peu, le premier parti d’opposition à Macron. De nombreux sympathisants ont spontanément rejoint avec enthousiasme le mouvement des Gilets Jaunes. Le programme LAEC (L’Avenir en Commun) des campagnes de 2017 a suscité un véritable engouement populaire, y compris parmi les abstentionnistes ; d’ailleurs, on y retrouve une bonne partie des revendications des Gilets Jaunes. L’éloignement est récent et date du printemps 2018 où a été décidé le revirement stratégique en vue des élections européennes – j’ai critiqué cette stratégie de « rassemblement à gauche » dans une tribune du Monde. Tout rapprochement avec …

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