Caroline Mecary : « Sur les plateaux de télévision, on ne voit pas assez de femmes qui sont concernées par les demandes de PMA, soit des femmes célibataires, soit des lesbiennes »

Dès la fin des années 1990, cette avocate a été la première à défendre des familles homoparentales. Si l’extension de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules est, pour une partie de la société, source d’inquiétudes à cause de dérives dans certains pays (*). Maitre Mecary est convaincue que la France pourra légiférer en s’inspirant d’autres nations (**) et, au sujet de la GPA, elle rappelle l’expérience du Portugal (***).

Putsch a demandé à des personnalités de sensibilités différentes de s’exprimer sur la PMA. Après la publication de l’interview de Blanche Streb , Caroline Mécary,  qui milite pour la « PMA pour toutes », a répondu à son tour à nos questions.

 

En septembre et octobre 2018, trois événements ont animé le débat autour de l’extension de la Procréation Médicalement Assistée (PMA) à toutes les femmes. Il y a eu : l’avis du Comité Consultatif National d’Ethique , l’arrêté du Conseil d’Etat et une tribune dans Le Figaro de 340 médecins. Qu’en pensez-vous ?

D’abord je pense qu’il est important d’expliquer quelle est la situation en France. Les couples de femmes n’ont pas accès aux techniques de Procréation Médicalement Assistée (PMA). Qu’est-ce-qu’elles peuvent faire ? Soit solliciter un ami, ou bien passer par un site internet pour « bénéficier » en dehors de tout contrôle médical, d’un don de gamètes qui va permettre à l’une d’entre elles de tomber enceinte. La deuxième possibilité, c’est de se rendre à l’étranger, dans l’un des quatorze pays européens qui permettent la PMA aux couples de femmes ou bien dans l’un des vingt six pays européens qui permettent aux femmes célibataires d’avoir accès aux techniques de PMA. Ensuite, l’une d’entre elles est enceinte, elle accouche en France et devient la mère de l’enfant. Afin d’assurer la protection de l’enfant, « fruit » de ce projet parental, le couple de femmes est obligé de se marier. La femme qui n’est pas la mère doit ensuite déposer une requête en adoption de l’enfant, auprès d’un tribunal afin de permettre à l’enfant d’avoir légalement deux parents pour sa protection. Dans toute cette procédure, il y a des difficultés. D’abord son déroulement prend du temps. De plus la demande …

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