Festival photo InCadaqués : « Découvrir, rencontrer, échanger et partager » sous le signe de Dali

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Reportage depuis Cadaquès – Une enclave entre la mer et la montagne, au sein du parc naturel du Cap de Creus, c’est ainsi que l’on pourrait décrire le village catalan de Cadaqués. Situé non loin de Figueres, et à environ deux heures de Barcelone, c’est donc là que se déroule le festival international de photographie « InCadaqués ».

Pour sa seconde édition, qui s’est déroulée du du 20 au 30 septembre 2018, trente-cinq photographes du monde entier ont exposé leurs œuvres photographiques dans une ambiance chaleureuse, festive et encore estivale.

Cadaqués, panorama (©Natacha Coroller)

 

Le cadre participe grandement au rayonnement du festival, puisque l’ensemble du village se mobilise chaque année pour offrir une scénographie originale et parfois étonnante. Comme l’a expliqué à Putsch, le fondateur du festival, Valmont Achalme, les murs des ruelles sont tapissés de photographies, tandis que les galeries d’art, mais aussi les bars, restaurants et cafés tiennent lieu de résidence aux photographes invités. Où que l’on s’avance, il y a toujours une œuvre à apercevoir.

 

Pluralité d’univers

Aucun univers ne se ressemble et l’on déambule au milieu de ces œuvres photographiques singulières au rythme de la découverte du village.

Retour sur cette édition :

Joana Biarnés, pionnière féminine du photo-journalisme en Espagne. C’est une femme d’exception qui est mise à l’honneur de ce festival, puisque sa remarquable exposition livre le témoignage clé d’une société espagnole traversant un XXème siècle riche en mutations, allant de la fin du franquisme à la reconstruction du pays.

Sebran d’Argent, une invitation au voyage initiatique.  Son exposition, issue de ses séries sur la Birmanie et des nus dans l’eau, est d’une très grande puissance poétique. Ses clichés, tous en argentiques, mettent en avant un univers éthéré pour révéler l’humain dans toute sa complexité, avec ses parts d’ombre et de lumière.

Sofia Sanchez et Mauro Mongiello, un duo lumineux. Tous deux Argentins, ils s’illustrent tant dans la photographie de mode que dans le portrait, mais toujours en travaillant de manière précise la lumière. Ils signent aussi différentes campagnes publicitaires, comme celle d’Air France récemment. Leurs photos sont publiées dans les plus prestigieuses revues internationales, du New York Times à Vanity Fair, en passant par Numéro ou Vogue.

Dominic Turner, coup de cœur pour son oeuvre onirique. Cet Irlandais est le lauréat du premier prix de l’Open Call lancé par le festival InCadaqués pour l’édition 2018. Sa formation d’historien l’amène à une approche investigatrice dans son travail pour être au plus près du réel qu’il finit par totalement sublimer et abstraire. Les techniques d’impression qu’il utilise remontent au XIXème siècle, ce qui donne à ses œuvres ce caractère si particulier et intemporel.

 

Originalité des supports

Des expositions dans l’eau

La série de la Catalane Mayte Vieta – « Cuerpos de luz », en français « Corps de lumière » – prend tout son sens avec ces corps flottants dans une eau de mer translucide captant et reflétant au mieux la lumière du soleil.

Le Français Jean-Marc Balsière présente en immersion quelques clichés du Medusa Project initié il y a quelques années pour rendre compte des évolutions du monde maritime en suivant la méduse au gré des différents courants qu’elle emprunte.

Une fresque hissée face à la mer

MarePlurale est une œuvre engagée et collective initiée par le photographe italien Elio Germani. En hommage aux migrants disparus lors de leur traversée méditerranéenne, ce qui s’apparente de loin à des reflets d’eau de mer, est en réalité une mosaïque constituée de 4624 portraits photographiés lors d’un workshop sur le front de mer de la ville de Trieste, en Italie, par des migrants, des réfugiés et des demandeurs d’asile.

 

La mosaïque « Mare Plurale » d’Elio Germani (©Natacha Coroller)
Vue sur « MarePlurale »(©Natacha Coroller)

 

Les « Boites de lumière » 

Evagelia Hagikalfa est une photographe grecque installée en Angleterre qui travaille à partir d’objets récupérés ici et là. Sa bluffante installation The wisest man met en scène des diapositives superposées les unes sur les autres dans des boîtes, les Light Boxes, et seulement visibles par le prisme d’objectifs de toute sorte.

 

 

Festoyer à la nuit tombée…

« Découvrir, rencontrer, échanger et partager », ce sont là les objectifs visés et finalement atteints par le festival. Dans la continuité de l’esprit insufflé jadis par Salvador Dali, figure incontournable du village, qui lui doit en partie d’avoir été préservé de la gourmandise des promoteurs immobiliers, InCadaqués crée les occasions de rencontres des uns et des autres au moyen de vernissages, workshops, ateliers, et de soirées dans le village. La proximité avec les artistes et leur facilité d’accès est à souligner et crée une ambiance festivalière intimiste et rieuse. Malgré une équipe d’organisation très réduite, InCadaqués est, on l’espère, un grand festival en devenir et à suivre d’un bon œil.

La nuit à Cadaqués (©Natacha Coroller)
La nuit à Cadaqués (©Natacha Coroller)

 

Pour tout savoir sur le Festival InCadaqués : Site, www.incadaques.com – Facebook : www.facebook.com/incadaques/ – Instagram : www.instagram.com/in_cadaques/

Invités de l’édition 2018 du festival InCadaqués dans l’ordre de présentation des expositions et workshops :

Toni Riera – Joana Biarnès – Alex Marillat Sebran d’Argent Siu-Ling Ha Sofia Sanchez & Mauro Mongiello Thierry ValencinBruno NuyttenThomas Gosset Valere – Dominic Turner – Stéphane LavouéGladysMaripolAntoine Wagner Carlos BarrantesJean LetellierPatrick Alphonse Amandine Besacier – Hugo de Castelbajac – Gil Rigoulet Kalel KovenMélanie DesriauxMabel Salgado – Philippe de Potestad – Elio GermaniMayte VietaJean-Marc BalsièreAntonin BoyhrevEvagelia HagikalfaValérie ProtIsrael AriñoNicola NajWawi NavarrozaShawn DogimontEric MaraisJB AmbrosiniRosa BrugatAlicia Cayuela.

(crédit photo à la une : Affiche Incadaqués 2018, ©Sebran d’Argent)

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