Jean-Jacques Jordi : « Emmanuel Macron reconnaît les enlèvements de combattants algériens par l’armée française mais semble ignorer ceux de Français »

Il y a quelques semaines, Emmanuel Macron reconnaissait la responsabilité de L’État français dans l’enlèvement, la torture et la disparition en 1957 de Maurice Audin, militant communiste français engagé auprès du FLN pour l’indépendance de l’Algérie. Quelques jours plus tard, le président français estimait que notre attitude – plus exactement celle du général de Gaulle – vis-à-vis des harkis était regrettable et qu’il convenait de réparer le préjudice. Ces deux décisions sont une avancée importante dans l’histoire de cette guerre d’Algérie qui, longtemps, a ignoré son nom et sa réalité.

Sans céder à une macabre comptabilité, Jean-Jacques Jordi s’étonne que cette contrition double fasse fi du sort des Français d’Algérie qui, eux aussi, ont payé leur tribu à la guerre et à la torture. Le président Macron considérerait-il comme Sartre et ses amis que tous ces Français d’Algérie était des colons ne méritant que la mort ? Rien de commun avec « l’appel à la trêve civile » lancé le 22 janvier 1956 à Alger par Albert Camus qui demandait alors que tous les civils soient épargnés par les deux armées en présence dans cette guerre qui devenait de plus en plus meurtrière. Sans porter de jugement sur l’attitude de notre président, Putsch a voulu élargir le champ de la réflexion et de notre mémoire avec l’historien Jean-Jacques Jordi qui a publié en 2011 un livre qui fera grand bruit : « Un silence d’État, les disparus civils européens de la Guerre d’Algérie».

 

Jean-Jacques Jordi, dans ce livre paru en 2011, vous y évoquez les disparus français durant la guerre d’Algérie. Les chiffres divergent. Comment avez-vous réussi à les quantifier ? …

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