Jean Vergès : « On imagine l’Uma comme le Netflix de l’art. Une plateforme de divertissement artistique globale »

Accessibilité et innovation sont les deux mots d’ordre de l’UMA, Universal Museum of Arts (Musée Universel des Arts). Un musée en réalité virtuelle qui veut offrir, à travers des expositions en ligne, un accès à l’art qui s’adresse à tous, tout le temps, partout et gratuitement. Putsch a rencontré Jean Vergès, co-fondateur & directeur général d’UMA.

propos recueillis par

Comment pourrait-on définir l’UMA en quelques mots ?

L’idéal de UMA (Universal Museum of Art), c’est la démocratisation numérique de la culture : faciliter l’accès à l’art, familiariser le public avec les musées, faire rayonner les collections, et participer au divertissement artistique. UMA conçoit des expositions ludiques, immersives, en réalité virtuelle. L’UMA collabore avec des institutions culturelles pour réaliser des expositions uniques, accessibles sur internet, gratuitement.

Trouvez-vous qu’il s’agit d’un pari culturel à contre-courant ?

UMA s’inscrit parfaitement dans un contexte général, dans lequel la culture traditionnelle (musique, cinéma, littérature, beaux-arts) cherche un terrain d’expression et de diffusion adapté sur internet. C’est aussi un terrain d’expression qui adopte les usages de l’internet, qui embrasse les formats courts et rapides de nos vies modernes, qui donne à voir des contenus de plus en plus qualitatifs et variés. Nous voulons qu’avec UMA, un curieux, un passionné, un flâneur, puisse se saisir de son téléphone ou de son ordinateur, et puisse découvrir une exposition pendant sa pause déjeuner, le soir avant d’aller se coucher, ou le matin dans le métro.

En présentant ce musée universel vous parlez d’un rêve devenu réalité. Pourquoi ?

Ce rêve est celui de rassembler les chefs d’œuvres de l’humanité dans un même lieu, et de les donner à voir à tous. La culture est, aussi loin que l’on puisse s’en rappeler, inhérent à la nature humaine. Elle est spécifique à chaque groupes de population (historique, ethnique, religieux, politique) mais elle forme un socle commun d’humanité. Réunir ces œuvres, créer un Panthéon de la culture mondiale, c’est un pari que beaucoup de grands penseurs et hommes politiques humanistes ont caressé. Mais le rêve était toujours confronté aux difficultés pratiques de l’entreprise. Aujourd’hui, grâce à la reproduction photographique ou 3D des œuvres, et grâce au pouvoir d’internet, ce rêve est plus accessible que jamais. En période de repli, de communautarisme, et parfois de xénophobie – qui s’opère simultanément à une ouverture au monde sans précédent – la découverte de notre culture commune semble plus indispensable que jamais.

A qui s’adresse particulièrement UMA ? Qui sont (ou seront) ses visiteurs ?

UMA s’adresse à tout le monde. Le pari est de rendre l’art accessible à des publics traditionnellement éloignés de la culture, soit pour des raisons géographiques, soit pour des raisons sociales et culturelles. Ce pari, nous sommes en train de le gagner. Nous avons encore un immense travail à accomplir, mais la voie est la bonne : la plupart des visiteurs de UMA viennent de province, de villes de moins d’un million d’habitants. Ces visiteurs ont en grande majorité (54%) entre 15 et 24 ans, ce qui constitue le public le plus difficile à capter pour les musées traditionnels. Enfin, nous souhaitons beaucoup toucher des publics plus jeunes encore, avec leurs parents. Créer des expositions ou des parcours d’expositions destinés aux enfants est notre prochaine mission.

Qui pourraient être vos « alliés culturels » : des institutions, des associations ou des écoles ?

Nos principaux alliés et partenaires sont les institutions, avec qui nous réalisons un travail de valorisation des collections hors les murs. Les musées sont les gardiens et les passeurs de notre culture, et nous souhaitons les accompagner dans cette mission. Nous avons ensuite d’autres alliés plus variés, des contributeurs bénévoles pour certains types de contenus, des écoles et des professeurs qui nous aident pour élaborer certains parcours pédagogiques…

Quels sont vos partenaires ?

Nous travaillons actuellement avec plusieurs partenaires pour différents projets. La Réunion des Musées Nationaux est notre partenaire principal, et nous avons réalisé une exposition « Les Chats dans l’Histoire de l’Art » avec eux. Urban Art Fair, pour l’exposition « A Walk Into Street Art »; et les Éditions Diane de Selliers pour « Les Mythes Fondateurs ». D’autres sont en cours, mais ils ne sont pas encore rendus publics.

Et vos sources de financement ?

Plusieurs institutions sollicitent nos services pour des opérations de communication. Nous facturons alors l’exécution et la promotion de l’expérience virtuelle. Au printemps prochain également, nous allons sortir une version premium de UMA. Je n’en dis pas plus, il va y avoir beaucoup de changements, mais c’est encore secret.

Comment avez-vous obtenu le permis de reproduire certaines œuvres ?

La plupart du temps, nous travaillons main dans la main avec les musées, qui nous font l’apport de leur fonds iconographiques pour les besoins d’un ou plusieurs projets d’exposition. Il arrive également que nous nous approvisionnons sur des banques d’images libres de droits pour les œuvres du domaine public.

UMA pourrait faire diminuer le nombre des visiteurs dans les musées réels… Comment ce risque a-t-il été accueilli par ces institutions ?

Ce sentiment de cannibalisme entre le digital et le physique, est, heureusement, en train de disparaître. Le contact avec l’oeuvre physique est unique et irremplaçable, croire qu’une visite virtuelle nous coupera l’envie d’aller voir l’oeuvre en vrai est fausse. Au contraire, bien souvent cela décuple ou crée le désir chez des gens qui n’auraient jamais été en contact avec l’oeuvre autrement. C’est un peu comme croire que le streaming d’une musique allait empêcher les gens d’aller à un concert. C’est l’inverse : plus une musique est téléchargée ou écoutée sur internet, plus le concert est un succès.

Comment imaginez vous l’UMA dans 5 et 10 ans ?

J’imagine UMA comme le Netflix de l’art. Une plateforme de divertissement artistique globale, sur laquelle un utilisateur trouvera des contenus très qualitatifs, immersifs, ludiques, pédagogiques, toujours en relation avec l’art et le monde des musées.

Quels sont les prochains événements ?

La sortie de l’exposition « Les Vies de la Renaissance » le 5 Septembre, l’exposition « Spoils of War » en octobre, et bien d’autres à suivre… La sortie de l’App cet hiver, et surtout… le lancement de UMA Premium au printemps

 

Pour découvrir le Musée UMA : http://the-uma.org/fr/

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