BENJAMIN DUCHER Presse Universitaire Blaise Pascal

Benjamin Ducher : « L’Opportune a pour ambition d’aider au décryptage des questions qui font l’actualité, d’apporter un éclairage au bon moment »

Benjamin Ducher évoque pour Putsch le lancement récent de la collection L’Opportune au sein des Presses Universitaires Blaise Pascal de Clermont Ferrand qui « a pour ambition d’aider au décryptage des questions qui font l’actualité, d’apporter un éclairage au bon moment à celles et ceux qui estiment devoir mieux savoir de quoi l’on parle exactement. ».

propos recueillis par

Une initiative éditoriale intéressante qui propose une ligne et des objectifs clairs dans un contexte difficile. Benjamin Ducher nous en dit plus sur les enjeux de cette collection qui se concentre essentiellement sur les grands thèmes de société avec pour objectif principal le décryptage.

 

Pourquoi avoir décidé de cette collection «  L’opportune » ?
Cette collection est née du constat personnel et partagé par toute l’équipe que nous sommes, de part nos vies hyper-connectées, au quotidien assaillis par de multiples informations concernant des domaines très divers. La multiplication des supports, des médias d’informations permet difficilement d’échapper à ce flot continu d’analyse et de compréhension de notre société, et plus largement du monde qui nous entoure. Certains sujets sont même traités avec une forte récurrence. Inévitablement, ils prennent une large place dans nos conversations professionnelles et privées, sans pour autant que l’on se sente toujours parfaitement les maîtriser. « L’opportune » a pour ambition d’aider au décryptage des questions qui font l’actualité, d’apporter un éclairage au bon moment à celles et ceux qui estiment devoir mieux savoir de quoi l’on parle exactement.

 

Comment définissez-vous son nom et quelle est sa portée ?
Cette collection porte son regard sur notre quotidien, sur les questions qui suscitent le débat, qui passionnent ou qui interrogent. Elle s’inspire de l’ère du temps, et se doit de rebondir rapidement sur les sujets que nous ciblons comme importants et/ou hyper-présents dans l’actualité. C’est bien donc l’opportunité des sujets qui s’imposent dans le débat d’idées et qui nous semblent d’utilité à comprendre notre société qui guideront le choix de chaque titre à paraître.

 

Vous semblez établir votre ligne éditoriale dans le domaine des sciences humaines dans un format court. Cela répond-il à un besoin selon vous des lecteurs pour mieux comprendre certains sujets de société ?
Plusieurs critères nous ont paru nécessaires pour asseoir l’intention de cette collection. Le format court en est un qui s’est imposé pour deux raisons primordiales : la rapidité de réaction à l’actualité et son décryptage le plus essentiel. La contrainte est simple et excitante à la fois pour nos auteurs : apporter en 64 pages un éclairage court et précis des sujets choisis, dans une démarche de vulgarisation scientifique, afin de proposer au plus grand nombre de maîtriser ces questions dans leurs grandes lignes et de manière peu chronophage. À l’heure où le rythme de vie de la plupart d’entre nous devient de plus en plus effréné, il nous semblait important d’aller à l’essentiel. Ces ouvrages n’ont d’autre ambition que de servir de prise de contact avec un sujet et de tremplin vers l’approfondissement des connaissances. Des conseils de lectures additionnelles sont d’ailleurs proposés à chaque fin d’ouvrage pour celles et ceux qui souhaitent aller plus loin.

« Apporter en 64 pages un éclairage court et précis des sujets choisis, dans une démarche de vulgarisation scientifique, afin de proposer au plus grand nombre de maîtriser ces questions dans leurs grandes lignes »

 

Comment choisissez-vous les auteurs de la collection ? Et qui décide de ces choix ?
Pour disserter rapidement et efficacement sur des sujets d’actualité, nos auteurs doivent maîtriser parfaitement les thématiques qui leur sont confiées. De par notre nature d’éditeur scientifique, nous nous dirigeons naturellement vers des universitaires dont les thèmes de recherche englobent ces questions. Il peut s’agir de jeunes chercheurs ou d’universitaires plus chevronnés et déjà auteurs, issus de notre université Clermont-Auvergne ou d’autres établissements ou groupes de recherches. C’est la garantie pour cette collection d’un contenu rigoureux et fiable, d’une transmission des plus récentes études sur ces sujets.

 

Comment évitez-vous le partis pris sur certains sujets ?
Le profil des auteurs de cette collection doit nous prémunir d’une prise de position ou d’un parti pris. Cette question était très sensible sur l’ouvrage consacré à l’extrême droite française, parmi les premiers parus pour le lancement de cette collection. Mais le regard porté par Jean-Étienne Dubois (agrégé d’histoire et docteur en histoire contemporaine) sur ce pan de notre histoire politique reste scientifique et objectif. Il s’agit de livrer un décryptage de ce mouvement, depuis ses origines jusqu’à nos jours, des idées et des personnalités qui en ont fait l’histoire, sans jugement sur ses fondements idéologiques ou sa légitimité. Nous veillerons à ce que cette rigueur éditoriale s’applique à tous les thèmes abordés.

 

 

À quels lecteurs sont destinés ces ouvrages ? Pensez-vous pouvoir élargir leur diffusion au-delà du monde universitaire ?
Étudiants, chercheurs, passionnés ou néophytes, ces ouvrages parlent bien au plus grand nombre. D’abord parce qu’ils abordent des sujets qui questionnent beaucoup d’entre nous, ensuite parce qu’un véritable effort d’ouverture et de vulgarisation est effectué par les auteurs. Deux études intéressantes montraient que le grand public est en demande de culture scientifique : l’une (Credoc, 2013) indique que 93 % de la population exprime un désir de développer ses connaissances dans au moins un domaine scientifique, une autre (CSA, 2014) indique que chez les 15-25 ans, 76 % éprouvent de l’intérêt pour la science, et 95 % ont une opinion positive des chercheurs. Cette collection peut être une réponse parmi d’autres à cet intérêt prononcé.

 

Quelles sont les satisfactions suite au lancement de cette collection ?
Il est trop tôt pour dresser un bilan sur ce nouveau projet éditorial. Parmi les indicateurs positifs, nous avons constaté l’intérêt des lecteurs pour les sujets abordés, pour le beau petit objet que constitue chaque titre, lors de sa présentation à Livre Paris 2018. La presse généraliste et spécialisée s’est aussi montrée intéressée et nous espérons des retombées médiatiques. Putsch est d’ailleurs l’un des premiers médias à avoir repéré cette nouveauté et à vouloir en parler.

 

De façon pratique, quelle est la part de l’édition papier et celle de l’édition numérique ?
Pour satisfaire aux exigences et aux pratiques de lecture d’un grand nombre de lecteurs, ces ouvrages sont publiés aux formats papier, EPUB et PDF. De manière générale, nous publions nos ouvrages aux formats papier et numérique.

 

Quels espoirs nourrissez-vous pour l’avenir ? Et quels seront les prochains sujets ?
Nous poursuivons notre mission de service public à travers cette collection, à savoir la transmission des recherches et des connaissances en sciences humaines et sociales au grand public. Nous espérons que cette démarche précise trouvera son public et saura satisfaire les personnes en demande d’éclairage sur les sujets qui les préoccupent. Parmi les prochains titres prévus pour septembre 2018, deux porteront notamment sur l’intelligence artificielle et le féminisme contemporain. Deux questions qui ne manquent pas d’alimenter les débats d’idée et les passions.

 

Collection l’Opportune
Presses Universitaires Blaise Pascal
Prix des ouvrages 4,50 euros
http://pubp.univ-bpclermont.fr

 

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