Soeuf Elbadawi : « Si les intellectuels s’intéressaient quelque peu à l’un des jardins secrets les mieux entretenus de la France sous nos tropiques, il pourrait y avoir un vrai débat »

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Le colonialisme est-il vaincu dans le canal du Mozambique ? Pour Soeuf Elbadawi, la réponse est simple : c’est non. Cet acteur, écrivain, réalisateur est l’une des voix les plus lucides de la situation, à Mayotte et aux Comores.

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Samedi 14 avril, il se produira sur scène au MUCEM de Marseille pour présenter sa dernière création : « Obsessions de lune / Idumbio IV ». Soeuf Elbadawi présentera son œuvre dans le cadre de la manifestation « Les Voix de l’archipel des Comores », organisée par le Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée.

 

Qui a laissé dégénérer la situation à Mayotte ?

Cette responsabilité paraît partagée par beaucoup, si l’on fait fi de l’histoire de ces cinquante dernières années. En ce qui me concerne, j’opterais pour une réponse un peu moins ambiguë, sur le désastre entretenu par la France dans cet archipel depuis 1841. Mais cela suppose que l’on veuille bien s’interroger sur les faits, et non sur le bruit que que produisent les derniers événements en chacun d’entre nous à travers le filtre des médias français.

 

Quel rôle a eu les Comores ?

Le rôle des Comores est loin d’être simple à expliquer. C’est celui d’un pays encore sous tutelle. Les miens parlent d’indépendance. Nous en sommes encore à défendre notre intégrité territoriale. Abdou Bacar Boina, leader du MOLINACO (Mouvement de libération nationale), qui vient de mourir le mois dernier, avait une image forte à ce sujet. Il comparait notre souveraineté à une corde de tabac (mkabaa wa msi) que l’on nous cédait par petits bouts. L’indépendance autoproclamée, unilatéralement, en 1975 est donc un petit bout de cette corde. Le chemin reste encore long, avant que l’on ne puisse respirer librement sur ces terres. Mais qui ça intéresse véritablement, aujourd’hui ?

 

On n’a pas entendu les intellectuels (à Mayotte, aux Comores, en France)? Pourquoi ?

Ils ne sont tout simplement pas audibles. Les enfants de Goliath prennent toute la place. Ceux de David cherchent encore leur chemin de parole. Vous faites votre travail, vous me posez des questions et je vous suis. Mais comment voulez-vous …

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