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Printemps des Comédiens : Suspens(e) joue la différence

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Par Romain Rougé – L’Autre Théâtre met en scène des acteurs en situation de handicap. Au Printemps des Comédiens de Montpellier, il proposait Suspens(e), une comédie noire s’amusant de la différence, des codes du polar et des représentations. Absolument fabuleux.

Ambiance hitchcockienne au Printemps des Comédiens ! Dans Suspens(e), il y a le manoir baroque perdu au fin fond de la pampa anglaise, les personnages tout aussi étranges que suspects et le meurtre, évidemment. Une comédie noire et décalée dans laquelle l’identité de l’assassin est bien moins importante que l’imaginaire qui se construit autour d’elle ou, plus largement, des situations absurdes dans lesquelles évoluent les personnages. Oui, la vie elle-même est un mystère. A commencer par les différences qui constituent chaque être humain. Et le dialogue entre deux narrateurs omniscients expliquant et interrogeant les faits à l’aide de sous-titres est là pour nous le rappeler.

De réflexions métaphysiques à réalités alternatives, il n’y a qu’un pas. Ainsi, les références cinématographiques sont elles-mêmes dépouillées de toute correspondance. On passe de Star Wars à Psychose sans vergogne : le capitaine Kirk enquête sur un meurtre qui a eu lieu dans le parc Norman Bates ! Un drolatique mélange de genre et de références porté par des acteurs en situation de handicap qui assument pleinement leur différence en se jouant de leurs propres représentations.

Suspens(e) ou la théâtre comme lien social au Printemps des Comédiens

Le théâtre comme lien social, c’est aussi ça, Suspens(e). Créée par l’Autre Théâtre et la compagnie des Perles Vertes, la pièce est une formidable leçon de communication par les arts. Au-delà de la performance des comédiens, on s’émeut de la représentation du handicap non pas comme une pathologie mais comme une multitude d’altérités, des états parmi tant d’autres chez les humains. Les handicaps ne sont d’ailleurs pas tous identiques chez les comédiens eux-mêmes, ce qui n’empêche en rien la cohésion du groupe et leur communion avec le public. Dans ce théâtre, on ne cache pas le handicap, on l’intègre. Comme lorsqu’il est question d’un robot créé par un savant (fou ?), tellement ressemblant aux humains que l’on ne le distingue plus de ces derniers.

Une rencontre entre deux mondes, la pièce l’est avant tout. Elle nous apprend que la culture a aussi un rôle sociétal et qu’il est primordial de la préserver, s’il fallait encore le prouver. Ce soir-là, au théâtre d’Ô, Supens(e) a fait la différence. Et celle-ci a été saluée par une standing ovation.

Suspens(e)
L’Autre Théâtre / La compagnie des Perles Vertes
Mise en scène : Béla Czuppon
Scénographie : Daniel Fayet
Costumes : Pascaline Duron
Lumières Vidéos : Maurice Fouilhé
Musique : Patrice Soletti
Réalisation du dispositif : Gérard Rogier et Anne De Crecy
Administration : Claire Bories

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