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Elise Caron : « Ce spectacle est un pont entre l’enfant et l’adulte »

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Par Nicolas Vidal – « Un nouveau spectacle de clown avec des vrais morceaux de musique dedans », voilà comment Elise Caron définit son projet qui n’arrête plus de se développer et de se gorger de plaisir au fur et à mesure des représentations. Chansons pour les petites Oreilles est « un pont entre l’enfant et l’adulte » qui mérite que l’on s’y attarde avec Elise Caron.

Lorsqu’on se plonge dans votre carrière jusqu’à aujourd’hui, il est impressionnant de voir à quel point vous êtes polyvalente, Elise Caron. Auteur, compositeur, comédienne et actrice, quelques mots sur cette polyvalence ?
La polyvalence est venue avec le temps, j’ai appris la musique très tôt et le théâtre après le lycée, mais les styles de musiques, du classique au contemporain et du jazz à la chanson sont venus par la conjonction de mes rencontres artistiques avec mes goûts personnels, l’un et l’autre n’étant pas dissociables. L’écriture est arrivée bien plus tard parce qu’impérieuse, que ce soit pour les textes comme pour la musique, l’un et l’autre n’étant pas dissociables non plus !

Pouvez-vous nous parler de votre participation à l’Orchestre National du Jazz ? Est-ce que cet apprentissage a été décisif dans votre carrière ?
Oui absolument, le jazz n’ayant pas fait partie de mon cursus, c’est la curiosité qui m’a poussée en premier, et mon expérience en tant qu’instrument vocal au sein de l’orchestre ainsi qu’en improvisation, a été aussi excitante que passionnante sur la liberté musicale notamment – toute neuve pour moi – mais également sur ses codes. La façon de synthétiser les deux m’a guidée depuis ce temps-là entre code et liberté

Quelle est votre première rencontre avec le chant, Elise Caron ?
Très petite, je me suis rendue compte que le son qui sortait de moi venait de ma propre personne, alors même que j’avais la sensation qu’il venait d’ailleurs. Je m’en souviens très précisément. Cela a été aussi surprenant qu’agréable.

Vous déclariez chez nos confrères des Trois Coups qu’« à chaque inflexion de votre parcours, correspond une relation humaine. » Est-cela le secret de votre polyvalence ?
Heureusement que la vie professionnelle se nourrit de la vie personnelle et vice versa ; la mienne en tout cas.

Ce nouveau projet « Chansons pour les petites oreilles » a-t-il répondu à cette même inflexion ?
J’ai créé ce nouveau projet il y a plus de quinze ans après avoir répondu à une commande d’écriture de chansons pour enfants de Gilles Avisse pour le festiVal de Marne, mais je peux dire que c’est un éternel nouveau projet chaque fois que nous le jouons devant des enfants car ils incarnent eux-mêmes le renouveau. Le spectacle a pris de la bouteille grâce à eux et c’est leur influence qui a fini par dresser la mise en scène. Car j’ai passé plus de 7 ans à faire évoluer le spectacle, pour qu’il me convienne autant qu’à eux. Il est maintenant « fini » mais toujours ouvert au public. On peut donc vraiment parler d’inflexion.

Pouvez-vous nous parler en quelques mots de votre collaboration avec Christine Chazelle et Michel Musseau ?
Je connais Michel depuis plus de trente ans et j’ai beaucoup chanté pour lui ; c’est un compositeur très délicat, aussi drôle que mélancolique avec un univers extrêmement personnel que j’ai eu l’immense plaisir d’interpréter. Car j’y ai trouvé une liberté singulière dans une écriture pourtant très précise. Il joue le piano-jouet et la scie musicale dans le spectacle. Il m’a aussi conseillée au tout début du projet pour me lancer sur l’écriture des chansons car c’était la première fois que j’allais tout assumer en tant que compositrice.
J’ai rencontré Christine (elle est par ailleurs également arrangeur, pédagogue et spécialiste du tango) par l’intermédiaire d’une amie commune et nous avons inauguré notre collaboration sur un récital de mélodies de Kurt Weill, nous l’avons scellé dans la foulée sur le spectacle des Petites Oreilles. Nous formons à nous trois une petite famille chaque fois que nous nous retrouvons. C’est délicieux !

On lit dans la présentation que ce nouveau spectacle est « un pont entre l’enfant et l’adulte ». Qu’est-ce qui vous a plu dans ce spectacle ?
De l’écrire, de le composer, de le jouer, de le chanter avec mes amis et voir la bouille réjouie des enfants !

Comment avez-vous articulé les textes et la musique afin que cet univers soit accessible au plus jeune ?
C’est le contact avec les enfants qui fait l’articulation. Au début, il n’y avait que les chansons et le spectacle en tant que tel s’est construit avec le temps.

Qu’est ce qui vous a inspiré dans l’écriture de ces textes ? En somme, comment avez-vous appréhendé ces histoires pour le jeune public ?
C’est moi en tant qu’enfant qui m’a inspirée, je me suis parlé à moi-même avec mon expérience d’adulte. Je parle donc aussi aux adultes… ce fameux pont entre l’enfant et l’adulte

Si vous deviez définir ce projet, comment le définiriez-vous ? Spectacle musical, conte, chant ou lecture de contes ?
C’est un spectacle de clown avec des vrais morceaux de musique dedans !

Elise Caron
Chanson pour les petites oreilles
Durée 50 minutes
Elise Caron : chant, textes et musiques
Christine Chazelle : piano
Michel Musseau : scie musicale, piano jouet

Au Théâtre Molière de Sète (34)
19 Mars 2016 à 17 H 00

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