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Marie Nimier : un roman rare et fragile

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Par Marc Emile Baronheid – Ce n’est pas à proprement parler une robinsonnade, encore que ce roman cousine avec le genre. On y découvre le sable, la mer, une grotte, un coussin de lumière, des personnages en rupture de ban : l’inconnue en quête de pèlerinage sentimental, une fillette qui sait lire les cailloux, un colosse au soc énigmatique.

Aussi un lézard, un chardon bleu, un scarabée, les pendeloques d’un bouc, une carte postale en cale sèche, la cour du vent aux éoliennes de l’oubli. Les humains constitueraient un trio incongru, mais l’inconnue y engagerait bien la totalité de sa modeste mise, même si « Elle ne veut plus rien perdre, elle a déjà trop perdu dans sa vie, elle veut suivre ces deux-là dans leurs moindres gestes ». Trois corps sur la plage d’une page, rêvant sans trop y croire d’apprivoiser la maladresse du destin. « Trois cartes d’un jeu de tarot qui, droites ou renversées, disent l’amour et son contraire, le désir et la perte, la métamorphose ou l’enfermement ». Ne pas en dire assez, sur ce bijou rare et fragile, sous peine d’émasculer sa belle étrangeté.

« La plage », Marie Nimier, Gallimard. 14 euros

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