fbpx

Dino Rubino : « Je suis un trompettiste qui joue du piano »

par

Par Nicolas Vidal – Roaming Heart, le dernier album du jeune trompettiste-pianiste italien, Dino Rubino est un enchantement musical. C’est en se promenant la nuit dans les rues de Paris qu’il a eu l’idée de ce projet pour lequel il s’est confronté à une performance solo totalement éblouissante. Rencontre avec cet étonnant musicien transalpin.

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur le concert de Tom Harrell auquel vous avez assisté à 14 ans ?
Je m’étais rendu au Festival Jazz avec mon père et mon frère et je me souviens du l’émotion vécue lors de ce concert. Je ne comprenais pas ce que Tom Harell jouait mais il y avait quelque chose derrière tout ça qui m’était familier, quelque chose qui me touchait profondément.

En quoi ce concert a-t-il changé votre vie, Dino Rubino ?
Après avoir vu ce concert, j’ai commencé a jouer de la trompette mais j’ai surtout compris que le jazz était la musique que je souhaitais jouer, la musique que mon esprit avait aimé. Je ne me souviens plus qui a dit cela, «l’amour, c’est se reconnaitre.» …

Comment expliquez-vous l’alternance du piano et de la trompette dans votre carrière ?
J’aime la trompette, mais j’ai malheureusement rencontré quelques problèmes avec cet instrument. A 17 ans, j’ai commencé à étudier avec un professeur qui changea radicalement mon approche musicale. À 20 ans, j’ai arrêté de jouer de la trompette parce que je n’y arrivais plus. J’ai alors repris l’étude du piano. Pendant les sept ans qui suivirent, je n’ai plus joué du tout de trompette. Puis, petit à petit, je m’y suis remis. Aujourd’hui, je suis un trompettiste qui joue du piano.

Trouvez-vous des passerelles entre ces deux instruments ou sont-ils totalement différents à vos yeux ?
Les techniques de ces deux instruments sont très très différentes mais je pense que l’approche est sensiblement la même. La musique, à mon avis, c’est quelque chose qu’il faut sentir à l’intérieur donc l’instrument n’est qu’un moyen qui nous permet d’exprimer ce qui nous habite.

Quel a été l’apport artistique de Paolo Fresu dans votre carrière ?
J’ai connu Paolo quand j’avais 15 ans à l’occasion d’un séminaire du Siena Jazz. A partir de 2011, nous avons initié une collaboration plus personnelle puisqu’il m’a signé sur son label, Tùk Music. Il y a des rencontres qui améliorent la vie, des rencontres qui t’aident à te découvrir toi-même. C’est ce que Paolo Fresu représente pour moi.

Parlons un peu de cet album Roaming Heart, comment doit-on comprendre le titre de l’album ?
Le titre signifie “Coeur Vagabond”. Les vagabonds sont des voyageurs, des personne qui cherchent, qui ont envie et qui ont besoin de rêver. Un coeur vagabond, c’est simplement un coeur qui croit en quelque chose d’extrêmement important.

Roaming Heart est l’album d’un voyage intimiste dans Paris. Pourquoi cette idée, Dino Rubino ?
J’aime les petites choses, les choses particulières, les choses susurrées, les petits endroits, donc tout cela se traduit dans la musique que j’écris et dans celle que j’écoute. Le mot “intime” est très important pour moi, dans le rapport avec la musique, et plus généralement dans la vie. Je trouve que Paris, bien qu’il s’agisse d’une grande Ville, a quelque chose d’extrêmement intime et c’est pour cela que j’ai décidé de vivre une partie de ma vie ici.

« J’aime les petites choses, les choses particulières, les choses susurrées, les petits endroits,

donc tout cela se traduit dans la musique que j’écris et dans celle que j’écoute. »
Dino Rubino

On lit que cet album repose sur plusieurs influences : la ville de Paris bien sûr ainsi que Paul Bley, Herbie Hancock ou encore Omar Sosa. Quel est le lien pour vous entre la capitale et ses 3 artistes ?
Chacun des ces artistes, Bley, Sosa et Hancock, possède quelque chose qui permet à mon esprit de voir des images, comme cette merveilleuse ville; c’est le lien entre eux en tant que la liberté de l’imagination.

Roaming Heart nous est apparu comme un album profond et délicieusement mélodique. Comment parvient-on à ce résultat Dino Rubino ?
J’ai toujours été attiré dans ce que nous appelons la «simplicité.» Je pense que dans la simplicité il y a beaucoup de choses à découvrir, beaucoup de choses qui peuvent nous enseigner à devenir des personnes meilleures et nous bonifier. Quelqu’un disait que la simplicité appartient aux enfants et aux saints.

Vous dites que lorsque vous étiez petit « deux choses captaient votre curiosité : les rythmes et les sons du monde». Qu’en est-il aujourd’hui avec la maturité qui est la vôtre et après toutes ces années de carrière ?
Rien et tout a changé. La vie, c’est un mouvement continuel. Il y a des choses qui passent puis qui reviennent. Il faut savoir céder au mystérieux rythme de la vie et à son incompréhensible magie.

Où pourra-t-on vous voir en concert dans les semaines à venir ?
Dans quelque mois, j’enregistrerai le nouvel album d’ Aldo Romano en trio avec Michel Benita. J’espère que j’aurai la possibilité de jouer plus souvent en France.

Dino Rubino
Roaming Heart
Bonsai Music
www.dinorubino.com
( Crédit photo Christophe Kobayashi)

Lire aussi dans le Jazz Club :

Lemar : le cachet soul et vintage de « The Letter »

Sly Johnson : The Mic Buddah Lp, la pépite HipSoul

Kellylee Evans : Come On, un nouvel album plus intimiste

Ziv Ravitz : un infatigable musicien qui fait de la batterie

Jamila Ford : une chanteuse de jazz à suivre

Laissez votre commentaire

Il vous reste

0 article à lire

M'abonner à