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Jean-Christophe Grangé : le La Bruyère des turpitudes de ce siècle

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Par Marc Emile Baronheid – C’est une sacrée famille, les Morvan. Le patriarche, mi-flic, mi-barbouze, est une manière de Pasqua de gauche. L’aîné des fils appartient à la Crime. Le cadet brille dans la finance, entre tellement de rails de coke que ses narines ont l’air d’une gare de triage.

La fille accepte toutes les expériences sexuelles, dans l’espoir de faire du cinéma et, accessoirement, d’horrifier son père. Pour 777 pages, vous avez droit à être baladé dans tous les sens.

Jean-Christophe Grangé n’est pas un amoureux des fulgurances narratives ; il excelle à instiller le doute, puis le manque, à une cadence qui paraîtrait effrénée, n’étaient les méandres rendant le lecteur semblable à ce lézard sur un patchwork, cher à Romain Gary. Tout de même, page 308, on peut mesurer le pas de géant qui s’accomplit : « Une vengeance était en marche. De qui ? De quoi ? Pas la peine de se casser la tête à ce sujet ». D’anciennes crapuleries au Zaïre reviennent comme un boomerang. On prend des paris risqués sur des avancées médicales. Vous déambulez dans le supermarché des possiblement improbables. Et même pas la peine de vous raconter qui est l’effroyable Homme-Clou : vous ne le croiriez pas.

Avec cette manipulation no limit, Jean-Christophe Grangé devient le La Bruyère des turpitudes de ce siècle.

« Lontano », Jean-Christophe Grangé, Albin Michel, 24,90 euros

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