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Daddy Cool : le parcours chaotique d’un papa bipolaire

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Par Florence Yérémian –bscnews.fr / Cameron Stuart est bipolaire. Incapable de contrôler ses crises, il passe de l’état dépressif à l’euphorie totale au grand dam de sa femme Maggie et de ses deux filles. Alors qu’il vient de se faire virer, son épouse lui demande de s’occuper des enfants afin qu’elle puisse partir à New York boucler une MBA.

Bien que long et difficile, ce cursus de 18 mois devrait enfin permettre à Maggie de trouver un emploi pour nourrir toute la famille. Se retrouvant au pied du mur, Cameron va donc tenter de maitriser ses humeurs et apprendre à vivre en société. S’investissant avec application dans des taches domestiques qu’il ne surmonte pas toujours, il alterne les lessives, les courses, tente de suivre la scolarité de ses filles et calme ses angoisses au bar ou en jouant avec les gamins du quartier. Bien que le challenge soit complexe, cette expérience va s’avérer enrichissante pour tout un chacun: Cameron se donnera de nouveaux repères, ses filles se responsabiliseront, quant à Maggie, elle prouvera à la société bostonienne ultra conformiste qu’une femme est aussi capable qu’un homme de subvenir aux besoins de ses proches…

Inspiré de la vie de la réalisatrice Maya Forbes (qui dédie ce film à ses parents et précisément à son père), Daddy Cool aborde le thème de la bipolarité à une époque où ce trouble n’était pas encore diagnostiqué comme une véritable maladie. L’histoire se passe en effet dans les années 70 et elle prend place au coeur d’une Amérique puritaine excessivement conformiste. Afin de mettre en scène ce désordre mental que la plupart des gens du siècle dernier associaient encore à de la folie, Maya Forbes a fait appel au très émouvant acteur Mark Ruffalo (Avengers, Shutter Island, Insaisissables…).
Avec son regard de chien battu et son sourire enfantin, ce magnifique interprète s’immisce avec beaucoup d’humour et de sincérité dans le rôle de Cameron. A la fois tendre et gauche, il montre bien le côté décalé de son personnage sans trop insister sur les syndromes maniaco-dépressifs qui lui correspondent. Son protagoniste est en effet un être double qui possède autant d’intelligence et de créativité que d’angoisse et de maladresse. Véritable « coeur pur », il veut toujours bien faire mais devient parfois ‘hyper-social’ au point de déranger son entourage avec son excès d’enthousiasme ou de générosité. Cet aspect insistant le rend pourtant fort sympathique aux yeux du public autant que ses multiples moments d’exaltation: on adore observer Cameron lorsqu’il est en extase devant la beauté de la nature ou quand son cerveau entre en ébullition pour bricoler dix projets à la fois. Les spectateurs rigolent également pas mal en le voyant assis dans l’herbe en slip rouge ou courant puérilement derrière sa femme avec son mini short vert ! On comprend cependant qu’il est assez difficile pour son entourage d’avoir à subir des humeurs que personne ne parvient hélas à contrôler.

Face à cet être en souffrance se positionne Maggie Stuart, son épouse. C’est à Zoe Saldana que revient ce rôle difficile. Aussi sexy que sophistiquée, cette très belle actrice américaine porte son personnage avec douceur et bienveillance. De part sa justesse, elle confère également à cette femme des années 70, une image discrète mais avant-gardiste de figure féministe.
Afin de compléter leur couple farfelu, la réalisatrice Maya Forbes a choisi de faire jouer sa propre fille (Imogene Wolodarsky) dans le rôle d’Amelia, l’ainée des deux soeurs Stuart. Malgré son jeune âge et son inexpérience dans le domaine du cinéma, cette comédienne en herbe fait preuve d’une très grande maturité de jeu qui ne l’empêche nullement de conserver sa spontanéité enfantine. A ses côtés, la petite Ashley Aufderheide (Faith Stuart) interprète le rôle de la cadette avec beaucoup de peps et d’espièglerie.
Bien que le sujet de ce film soit grave, Maya Forbes parvient à traiter de la bipolarité sur un ton plutôt léger et humoristique. Cette approche inattendue permet d’effacer agréablement toute mièvrerie liée à ce terrible syndrome maniaco-dépressif. En voyant cette famille bancale tenter de redresser la barre tous ensemble, on devient soudain beaucoup plus optimiste quant au ‘traitement’ de cette pathologie.

Daddy Cool? Une belle leçon d’optimisme et de pugnacité.

Daddy Cool (Infinitely Polar Bear)
Un film de Maya Forbes
Avec Mark Ruffalo, Zoe Saldana, Imogene Wolodarsky, Ashley Aufderheide
Sortie nationale: Le 8 juillet 2015

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