fbpx

BiZARaZAR : Qu’est-ce que c’est que ce cirque ?

par

Par Hugo Polizzi – bscnews.fr/ A l’occasion de son 25ème anniversaire, le Centre des arts du cirque Balthazar, nous propose pour la quinzième année consécutive un spectacle interprété par les 25 stagiaires de première et deuxième années en formation professionnelle. BiZARaZAR ? Une promesse de légèreté et de fraicheur en ces chaleurs estivales.

La scénographie est intrigante et mystérieuse. Cette esthétique détaillée du décor a de l’importance pour qui sait la regarder. En face : ce qui semblerait être un comptoir couvert d’une bache semi-opaque, des chaises et des tables se laissent néanmoins distinguer ; des étagères de bar chargées de bouteilles ; des plaques métalliques de marque de boissons ; des 33 tours placardés sur le mur et à côté, une raquette de tennis. Au-dessus : les drapeaux de plusieurs pays sont suspendus à un fil. A gauche : des toilettes de jardin rouges et un haut mât métallique. Les couleurs sont chaudes et chatoyantes. Nous voilà immergés dans un cadre festif qui rappelle étrangement les bars Erasmus. Manifestement, il est vide. Pour l’instant. Est-ce le jour ou la nuit ? Le service est-il fini ou va-t-il commencer ?
Une salle – ou plutôt un chapiteau – noir(e) de monde, comme pour évoquer l’atmosphère nocturne des bars, où les clients peinent à accéder au zinc pour commander un rafraîchissement. Et c’est tant mieux parce que le monde n’attire le monde que si le talent est manifeste.
Puis, le son de la rue se fait entendre. Des pas sur le sol, une moto qui démarre, un tramway qui passe, un klaxon de camion. Les personnages arrivent sur scène. Leurs costumes révèlent leur métier. Ils se séparent en deux groupes, se mettent face à face, et traversent un passage clouté imaginaire. Le bruit d’un camion qui recule. Bip bip bip. Les gens ne se regardent pas. Ils ne font pas partie du même monde, de la même condition sociale. Certains lisent le journal qu’on vient de leur remettre. Des automates qui se côtoient sans se voir, sans se mélanger. Ce lieu convivial saura-t-il les rassembler ? Un comédien déguisé en chien, court à quatre pattes au centre de la scène, les barmen le font déguerpir. Voilà, le bar peut ouvrir ses portes et les bâches sont levées du comptoir. Place au spectacle.

De très beaux textes, des acrobaties à couper le souffle, des singeries clownesques, des figures de gymnastique entre équilibre et déséquilibres, des effeuillages sensuels, des jongleries poétiques, des voltiges voluptueuses, des danses excentriques, des interactions drolatiques avec le public, tels sont les ingrédients de la recette loufoque que la troupe nous amène en solo, duo ou collectif sur un plateau d’argent. Ils utilisent parfaitement les éléments du décor pour nous faire entrer dans leur univers farfelu, au gré de musiques en tous genres : jazz, reggaeton, samba, hip-hop, guitare gitane, mambo et électro. Les personnages rient, pleurent, se chamaillent, mettent des mots et des gestes sur la joie de vivre.

« Dans les bars de voyage… Y’a des gens… Rescapés d’la vie… Qui fuient la rue… Dans les bars, y’a des gens… Et des rencontres de hasard… J’ai vu… Des femmes plaquées magnifiques, des clodos errants et des femmes perdues, des hommes coincés déshabillés, des poulettes stars décalées, des éperdus de joie qui la r’trouve, des voyageurs de bateau ivre. J’ai vu… Des inspecteurs qui lâchent le chapeau, des serveurs surfeurs sauvages, des bavardes qui tournent en boucle, des touristes de plage sportifs et des soulots saoulant, des agents d’entretien excessivement zélés, des genres de trans en transe. J’ai vu… Des sommeliers de service quatre étoiles dans les yeux, des étrangers fascinés par la chute des feuilles, des DJ allumés du citron et des boxeurs énervés d’la vie, des écolos du cyclodrame recyclés, des emmêlées, des bagarres, des démêlés, des maniaques de la direction, des ordonnées désarmées. J’ai vu… Des hommes défaits et des femmes qui pleurent, des hommes qui portent et des femmes qui tiennent… J’les ai vus s’battre et j’les ai vus danser… Tous ! »

N’hésitez pas une seule seconde : venez prendre un verre chez Balthaz’ !

Les stagiaires :
1ère année : Camille Bontout, Ananda Boulicot, Florent Chevalier, Morgane Clodel, Célian Davy, Pierre-Maël Gourvennec, Alan Marrollo de Miguel, Andréa Mondoloni, Simon Nguyen, Francisco Rosa Martins, Julia Tesson, Joaquim Verrier.
2ème année : Claire Aimard, Patrick Bellet, Jonathan Bou, Milena Erez, Allan Faure, Georgios Karagiannis, Morgane Lenzi, Pablo Manuel, Sébastien Martin, Claire Tavant.

Direction générale : Martin Gerbier
Direction artistique : Martine Leroy
Mise en piste : Martine Leroy assistée de Yacine Ortiz
Régie aérienne : Laurent Richard
Régie lumière : Bruno Matalon
Assistant régisseur : Cristobal Casanave
Coordination : Céline Soulier
Avec la collaboration de l’équipe pédagogique.
Photo : Corinne Gal

Printemps des Comédiens ( Domaine d’Ô, Montpellier)
A l’Espace Chapiteau du 10 au 13 juin à 20h30
durée : 1h15

tarif plein : 10 €
tarif reduit : 7 €
tarif jeune : 5 €
d.e. : 7 €

A lire aussi:

Où ? : une création poétique émouvante

Comédie du livre : Fernando Pessoa à l’honneur aux Rencontres littéraires de Montpellier

Rodrigo Garcia : un avant-gardiste controversé

Habib Dechraoui : « Ce que l’on ne nomme pas n’existe pas »

Printemps des comédiens 2015 : bientôt l’heure de butiner des émotions dramatiques !

Montpellier : la Comédie du livre fête son 30ème anniversaire

Montpellier : Miguel de Cervantès à l’honneur des rencontres littéraires

Laissez votre commentaire

Il vous reste

0 article à lire

M'abonner à