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Annecy : Le Festival International du film d’animation et les femmes

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Par Amélie Coispel –bscnews.fr/ Le monde de l’image animée vous donne rendez-vous du 15 au 20 juin 2015 à Annecy, lors du Festival International du film d’animation. L’événement, plus grande manifestation mondiale dédiée à l’animation, est destiné aussi bien aux animateurs reconnus qu’aux amateurs, aux réalisateurs qu’aux producteurs. Cette nouvelle édition, qui met en lumière les femmes à travers leur apport et leur place émergente dans l’Histoire du cinéma, prévoit bien des surprises. La multitude des manifestations proposées et la diversité des oeuvres projetées feront de ce festival – à n’en pas douter- un événement de qualité. Rencontre avec Marcel Jean, délégué artistique, et Patrick Eveno, directeur du festival.

Cette année, les femmes sont mises à l’honneur à travers un jury exclusivement féminin et une programmation où se côtoient des films sur la maternité, d’autres sur la sexualité ou encore l’imaginaire féminin, mais aussi un moment dédié à Women in animation, qui présentera son enquête préliminaire sur la présence des femmes qui travaillent ou étudient dans l’animation. Pourquoi ce choix ?

Marcel Jean: La question de la place faite aux femmes a marqué le développement de l’industrie du cinéma d’animation. Dans les années 1930, les femmes étaient confinées à un nombre limité de postes peu prestigieux et peu créatifs. Pourtant, en Allemagne, Lotte Reiniger avait déjà réalisé Les aventures du prince Achmed, le premier long métrage de l’histoire, et d’autres pionnières comme Mary Ellen Bute avaient fait leur marque. Encore aujourd’hui, les courts métrages réalisés par des femmes comptent pour moins du tiers des films que nous recevons, à Annecy. Il nous est donc apparu pertinent de mesurer le chemin parcouru au cours des 80 dernières années, de rendre hommage aux pionnières et de nous projeter dans l’avenir.

La compétition 2015 a été marquée par un nombre record d’inscriptions de films. 2606 films ont été proposés, provenant de 95 pays différents. Aujourd’hui, seuls 215 films subsistent, dont 42 hors compétition. Comment faites-vous la sélection de tous ces films ?

Marcel Jean : Je travaille en collaboration avec une équipe de trois personnes. Il s’agit d’abord de procéder à un premier «écrémage», qui nous permet ensuite de nous pencher attentivement sur un nombre plus restreint de films. Le visionnage et les discussions qui s’ensuivent nous permettent d’établir les grandes lignes de la production mondiale et de faire nos choix de façon à la représenter. Ce n’est pas une science exacte, mais nous aimons avoir une programmation qui soit représentative des tendances, des techniques, des divers foyers de production, des genres…

Lesquels choisissez-vous de ne faire figurer qu’en hors-compétition ?

Marcel Jean : Il est difficile de tirer une ligne. Nous hésitons parfois longtemps. Parfois, ce sont des films qui font double ou triple emploi par rapport à un titre qui figure déjà en compétition: nous avons trois bons films illustrant un courant précis, mais pas la place pour en mettre plus qu’un ou deux en compétition. D’autres fois ce sont des œuvres considérées plus fragiles, plus légères, plus difficiles à programmer parce que plus longues… Quelquefois ce sont des cinéastes dont nous apprécions le travail, dont nous sommes curieux, mais qui réalisent un film en mode mineur… .

Comment expliquer cette augmentation des créations d’animation?

Marcel Jean : Cela s’explique par l’évolution technologique et la démocratisation des moyens de production et de diffusion. Il est facile maintenant de réaliser un film par ses propres moyens, avec un ordinateur personnel, et de le mettre sur le web. C’est assurément la raison la plus importante. .

Les rencontres sont des moments importants dans le cadre du Festival. De nombreuses conférences, mais aussi des leçons de cinéma, des making of, ou encore des work in progress sont des événements auxquels le public peut prendre part. Qui sont les intervenants qui dispensent toutes ces conférences ? Sont-ils exclusivement des réalisateurs ?

Patrick Eveno, directeur : Nous sollicitons des personnes de profils différents selon les types de rencontres et les thématiques. Souvent il s’agit des créateurs d’œuvres que nous souhaitons présenter aux festivaliers (making of, work in progress), mais aussi des personnalités que nous invitons à évoquer leur parcours et leur vision de l’animation (key note, leçon de cinéma). Enfin nous cherchons à réunir les meilleurs spécialistes des thèmes abordés durant les conférences.

Cette édition 2015 marque aussi le retour d’un pays invité, cette année ce sera l’Espagne. Au travers d’une multitude d’événements, dans le cadre du Festival, du MIFA, mais aussi au cours des rencontres, elle sera mise à l’honneur. Pourquoi avoir choisi ce pays ?

Patrick Eveno : L’Espagne est un pays qui a une histoire très ancienne en matière d’animation, Segundo de Chomon, le Méliès espagnol, en est la figure marquante. Mais aussi, et surtout, l’Espagne propose une création contemporaine très intéressante, notamment en matière de longs métrages.

Le MIFA a 30 ans, événement du festival qui se concentre plus sur l’aspect économique de l’industrie du film d’animation. Quelle en a été la genèse ? Pourquoi avoir choisi d’intégrer cet aspect dans le festival ?

Patrick Eveno : Il y a 30 ans, en 1985, la création de cases pour la jeunesse à la télévision alors que les chaînes se multiplient partout dans le monde constitue un véritable appel d’air. La constitution de véritables secteurs industriels devient nécessaire. Pour répondre à cette demande et concurrencer les offres américaines et japonaises, la France s’engage dans cette voie, favorisée en cela par le « plan images » initié par Jack Lang. Annecy perçoit alors la nécessité de l’existence d’un marché thématique et crée le MIFA. Notre identité, notre richesse, le caractère unique d’Annecy tient aujourd’hui dans l’existence d’un festival et d’un marché se tenant dans un même lieu et un même temps.

Comment sont sélectionnés les projets qui seront présentés à l’Impérial Palace lors des sessions Pitchs MIFA ?

Patrick Eveno : Nous faisons un appel à projets à l’automne. Nous en avons reçus 297 cette année. Ensuite, nous réunissons autour de nous des experts pour chacune des catégories de projets (courts métrages, longs métrages, série TV et transmédia) et ensemble, nous sélectionnons les projets qui seront présentés lors des sessions de pitchs.

Festival International du film d’animation
Annecy
Du 15 au 20 juin 2015
http://www.annecy.org

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