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Nathalie de Broc :« Faire se rencontrer des auteurs et des lecteurs en toute proximité et convivialité, n’est-ce pas créer du lien ? »

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Par Hugo Polizzi – bscnews.fr/ Du 16 au 17 mai 2015, Quimper vivra au rythme de son 1er Salon du livre. Ses organisateurs, Nathalie de Broc et Patrick Birrien-Cochard, ont concocté un menu de qualité pour les festivaliers : le salon accueillera 66 grands noms de la littérature contemporaine, des tables rondes, des rencontres-dédicaces, des conférences, un festival cinéma, un concert lyrique. Dans l’urgence des derniers préparatifs de l’événement, Nathalie de Broc nous a cependant accordé une interview pour définir les grandes lignes de cette première édition.

Quelle a été la genèse de ce projet ?

Il manquait un salon à Quimper. Il était temps de remédier à cette lacune. J’avais envie de faire se rencontrer les lecteurs quimpérois et les auteurs nationaux. Ensuite il a « simplement » fallu retrousser ses manches.

Vous avez misé sur les grands noms de la littérature contemporaine francophone et étrangère pour faire du festival un nouveau rassemblement national autour du livre. Inutile de le rappeler, les Bretons sont très attachés à leur identité régionale ; du fait de la participation des librairies indépendantes de Quimper et du Morbihan, comment vous positionnez-vous au sujet de la mise en valeur de la littérature régionale bretonne ? Vos ambitions premières s’inscrivent-elles dans la continuité du salon du livre en Bretagne de Vannes ? Parmi les invités confirmés, quelle part les auteurs locaux représentent-ils ?

Il y a pléthore de salons pour les auteurs locaux, qui font parfaitement leur travail : Carhaix, etc… Il n’était pas question d’aller sur ce terrain parfaitement rôdé. Sinon Quimper se serait positionné comme le énième salon dans ce sens. Nous avons choisi d’en faire un salon généraliste où se retrouvent écrivains bretons (ils sont plus d’une quinzaine quand même, ne l’oublions pas) et écrivains nationaux. Par rapport à Vannes, pourquoi s’inscrire dans une lignée semblable ? Chaque ville a son identité et ne peut se comparer. Vannes est un salon qui tourne depuis des années. C’est une optique différente de la nôtre est c’est très bien ainsi. Pour que chacun ait sa place.

Vous êtes parvenus à mener à bien ce projet de grande envergure, et cela en l’absence d’un financement public conséquent. Sachant que l’édition 2015 du Salon du Livre de Paris affiche une baisse de fréquentation de 10 %, à combien estimez-vous le nombre de vos visiteurs en ce week-end de l’Ascension ?

Paris n’est pas Quimper et nous avons la chance de vivre dans un des départements de France où on lit le plus. Pour le nombre de visiteurs, nous tablons sur 10000. Croisons les doigts !

A l’annonce de la création de ce Premier Salon du livre de Quimper, vous avez été confronté à la colère de certains groupes politiques régionaux inquiets de la budgétisation du festival ou de la baisse des subventions allouées aux associations culturelles de la région. Par ailleurs, l’aéroport de Quimper-Plugufan a vu baisser sa fréquentation de 12 % cette année. En quoi le festival pourrait-il profiter économiquement et socialement à tous les acteurs de la région ?

La colère est un mot un peu fort ! Malentendu est suffisant. Sauf que personne ne savait que le Salon était financé par nos biens propres et un événement privé. Que nous n’avions rien à voir avec les baisses de subventions. Les retombées économiques ? : 150 nuitées , 450 repas dans restaurants, train, car, boutiques, location du barnum, société de sécurité, loueurs de véhicule, cinéville, etc…. Faciles à évaluer ! Les restaurateurs et hôteliers et ceux que je viens de citer ont tout de suite soutenu le projet et leur enthousiasme a été un baume au coeur.

Votre programmation se tourne volontiers vers un expérience polymorphe de la culture : littérature, musique (concert lyrique), cinéma (adaptations d’oeuvres d’auteurs présents sur le festival et partenariat avec Cinéville [multiplex quimperois] pour la semaine de l’adaptation au cinéma) et architecture patrimoniale (Prieuré et église de Locmaria en plein centre historique de Quimper).Selon vous, dans quelle mesure cette première édition peut-elle être un vecteur de cohésion culturelle et de décloisonnement géographique ?

Faire se rencontrer des auteurs et des lecteurs en toute proximité et convivialité, n’est-ce pas créer du lien ? Et organiser à deux personnes seulement une telle manifestation mérite, je crois, d’être saluée…

1er Salon du Livre du Quimper

Les 16 et 17 mai 2015

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