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Avishai Cohen - Contrebassiste - Youri Lenquette

Avishai Cohen : la grâce de la maturité

Par Nicolas Vidal – bscnews.fr / Le contrebassiste Avishai Cohen n’en est plus à son coup d’essai. Sa réputation n’est plus à faire et ses collaboration sont nombreuses. Mais il n’a jamais perdu de vue son objectif : donner la pleine puissance musicale à la formation qu’il adore : le trio. Sept ans après Gently Distrubed, Avishai Cohen revient avec « From Darkness». Un album pétri de classe et qui regorge de toute cette belle maturité artistique que déploie généreusement Avishai Cohen. Nous l’avons rencontré pour la sortie de ce nouvel album.

propos recueillis par

Avishai Cohen, quel rapport entretenez-vous avec la forme du trio ?
Ma discographie n’a qu’un seul album en trio véritable à ce jour, et il ne reflète pas vraiment le fait que ma musique a toujours été écrite (et composée) pour ce type de formation. Pour moi, le Trio a toujours été là : c’est ma formule principale lorsque je suis en tournée. Celle qui reste au centre de mes projets, tels que le quartet, le sextet ou avec un ensemble à cordes.

Qu’est ce qui a changé depuis «Gently disturbed» dans votre approche musicale ?
C’est la première fois que j’ai eu le sentiment que j’atteignais quelque chose de nouveau, de frais et d’incroyablement important. Nitai Hershkovits est un partenaire clé dans la musique. Son jeu et sa musicalité n’ont pas cessé d’évoluer au fil des ans : ses compétences techniques sont hallucinantes, mais ce n’est rien par rapport à ses capacités d’expression. Quant à Daniel Dor, il apporte de l’énergie, de la joie et de l’excitation au trio.

Le pianiste Nitai Hershkovits et le batteur Daniel Dor constituent la meilleure force de votre expression musicale. Est-ce que votre dernier album « From Darkness» aurait-il existé sans eux ?
Le trio a un son particulier; c’est un art en soi. Nous présentons la noirceur de façon très directe, sans aucune artifice d’aucune sorte. Cela ce comprend quand nous soulignons le groove, la transe et le rythme qui définissent bien ma singularité qui se nourrit elle-même et contribue à l’énergie positive tout au long de l’album.
Nitai et Daniel amènent ma musique dans des lieux et des perspectives que je n’avais jamais imaginé. Je ne pouvais pas rêver mieux. Ici, trois devient un.

Vous parlez avec justesse de la façon avec laquelle Daniel Dor a occupé « une place dans votre musique que vous auriez pu rejeter». Pouvez-vous nous expliquer cela ?
Ce qui m’a totalement fasciné avec Daniel Dor, c’est lorsque je l’ai entendu jouer pour la première fois. C’était son gros son et son grand battement qui a immédiatement pris la musique à un endroit totalement nouveau et frais où le son n’avait pu s’immiscer auparavant.

Quel est le secret de cet album afin de parvenir à une si belle unité musicale au sein de votre trio ?
La sensation de l’unité et de l’homogénité sur l’enregistrement a été créée en jouant de très nombreux concerts ensemble. Ils ont permi au trio de parler une langue bien à lui.

Cet album a une force narrative évidente autant que des mélodies puissantes. Comment parvenez-vous à un tel résultat, Avishai Cohen ?
Le récit et l’intrigue que nous avons ciblés, proviennent principalement de la façon dont les compositions sont fabriquées et cette capacité à rester fidèles à elles-même. Et peu importe dans quelle mesure nous évoluons dans l’improvisation .

Quelle importance donnez-vous à cet album dans votre carrière alors qu’on sait que vous êtes très attaché au trio ?
Comme tout enregistrement ou projet, l’importance artistique de ce nouveau trio met en évidence le fait que nous essayons de nous amuser autant que nous le pouvons. Pourtant, nous avons déjà de nouveaux défis. J’écris les compositions et nous les jouons ensemble. Ce sont de très bons musiciens avec qui j’aime jouer. Entre eux, une amitié est née et elle ne peut que se renforcer pendant ces moments que nous partageons ensemble.

Pourquoi avoir choisi d’enregistrer cet album au Studio Nilento en Suède?
Je suis allé dans ce studio, il y a dix ans pour travailler avec une jeune chanteuse danoise. Voilà comment j’ai trouvé Nilento. J’ai adoré ce studio et l’ingénieur du son Lars Nilsson. C’est un beau studio situé dans la nature, avec un très bon piano et une excellente acoustique. J’ai donc choisi d’enregistrer nombreux de mes albums dans ce studio depuis. De plus, Lars Nilsson, le propriétaire du studio, est un maître dans son art ainsi qu’un grand ami et producteur.

Il n’y a aucun chant sur cet album. Y-a-t-il une raison à cela ?
J’ai décidé de faire plus qu’un album concept, et de faire un disque de trio instrumental total, avec la singularité que cela implique. Si j’avais ajouté une voix là-dessus, le résultat n’aurait pas été le même. Mais qui sait ? Je pourrais enregistrer des voix sur mon prochain disque…

Pouvez-vous nous parler en particulier de la création d’Halelyah et définir votre album en deux mots si vous le pouvez ?
Il est difficile de définir Haleyah, exactement. Pour moi la musique est une pièce et j’ai pas eu des moments de spiritualité intentionnels. Pour moi, toute la musique est spirituelle. Haleyah est quelque chose qui me ressemble et qui tente de montrer comment ma musique sonne. Cela fait partie de mon identité musicale. Je suis très heureux que ce morceau fasse partie de cet album.

Avishai Cohen Trio
From Darkness
RazDaz Recordz

Avishai Cohen – bass
Nitai Hershkovits – piano
Daniel Dor – drums

ww.avishaicohen.com

(Crédit photos Youri Lenquette)

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