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JULIA CAGÉ -

Julia Cagé :  » La presse française souffre d’une crise de la qualité « 

Par Nicolas Vidal – / Alors que la presse française traverse une crise sans précédent avec des conséquences dramatiques sur les effectifs et la capacité à produire une information de qualité suite aux restrictions budgétaires et aux fermetures de rédactions, Julia Cagé fait paraître un livre qui propose de nouvelles pistes de réflexion pour sauver la presse.

Normalienne et professeur d’économie à Sciences Po Paris, l’auteur explique qu’une issue heureuse paraît possible avec l’instauration d’un nouveau statut pour les médias afin de les mettre à l’abri des appétits financiers d’actionnaires peu scrupuleux et préserver leur indépendance éditoriale pour leur permettre d’aborder la révolution numérique. Car il en va de l’avenir de notre démocratie. Entretien avec celle qui fait bouger les lignes avec talent et conviction.

Julia Cagé, à quoi attribuez-vous la crise de la presse française ?
Les raisons de la crise de la presse française sont multiples, et intrinsèquement liées.Tout d’abord il y a, avec une augmentation généralisée de la concurrence sur le marché des médias, un effondrement des revenus publicitaires. Certes, ce n’est pas nouveau (historiquement, les journaux ont souffert dans un premier temps de la concurrence de la radio, puis de l’introduction de la publicité à la télévision en France en 1968, et ensuite du minitel – ils souffrent également depuis toujours de la concurrence qu’ils se font les uns aux autres). Mais avec Internet, cette crise de long cours s’est accélérée. Avant Internet, la part de la publicité allant aux journaux plutôt qu’à d’autres médias était en baisse ; avec Internet, c’est la dépense publicitaire totale qui diminue, parce qu’Internet a tellement démultiplié l’offre d’espaces publicitaires, que c’est le prix même de la publicité qui s’effondre pour la presse écrite.

La presse française souffre ensuite d’une crise de la qualité, et donc d’une baisse de son lectorat. Pourquoi ? Parce que les patrons de presse ont dans leur grande majorité fait le choix, face à la diminution des recettes publicitaires, de couper dans les coûts, ce qui s’est le plus souvent traduit par une baisse du nombre de journalistes travaillant dans les journaux. Or sans journalistes – sans un nombre suffisant de …

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