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Caroline Deyns : la vengeance du stylo à plume

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Par Félix Brun –bscnews.fr/ Lorsqu’on pénètre dans la librairie de Monsieur H., on a l’impression de s’immerger dans le graal de la littérature, des beaux livres, du savoir ; mais ce libraire affable et sympathique –« il avait été atteint de la maladie du livre »-, est frustré de n’avoir jamais pu écrire lui-même le moindre roman. Il consent désormais à ne s’intéresser qu’à sa clientèle et dépose les armes : son stylo plume offert naguère par son épouse. C’est ce stylo qui va vagabonder, passer de mains en mains, et nous faire découvrir une farandole de personnages, surprenante et curieuse.

Cette ronde commence par Isis « cette fille éteinte, blanchie au ciel des Flandres » qui dérobe le stylo et le transmet involontairement à Paul, jeune homme empêtré dans ses nuits arrosées et dépravées et les paradoxes d’une mère obèse engoncée dans un carcan adipeux, avide de lectures, ultime passion d’une femme prisonnière de son corps. L’objet se retrouve entre ses mains, elle le confie à Emma, son amie trentenaire épanouie et comblée. Cette dernière doit se rendre à la librairie H , munie de ce stylo plume, afin d’obtenir la dédicace de Roman, un écrivain connu. Emma, dans sa jeunesse, a eu une relation avec Roman qu’ « elle aimait en dépit de. En dépit de son égoïsme, de sa vanité, de ses infidélités, de sa cruauté, de son impulsivité, de ses excès, de ses critiques. » C’est alors que se dévoile l’insolite chute de ce roman….. !
Une première oeuvre de Caroline Deyns qui déroule avec brio l’extravagante échappée d’un stylo- plume, au gré de sa possession, qui dévoile les liens qui peuvent se tisser entre les mots et les maux, entre la littérature, les livres et la douleur humaine. L’écriture est riche, puissante, travaillée; le style est agréable pour un récit original au final inattendu et insolite.

Tour de plume
de Caroline Deyns
Editions Philippe Rey
208 pages

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