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I Apologize : les noces d’Eros et Thanatos mises en scène par Gisèle Vienne

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Par Julie Cadilhac – bscnews.fr/ Tout est né d’un travail d’expérimentation autour de la rencontre entre la danse et les arts de la marionnette, le corps et l’objet. Gisèle Vienne fait le constat que, confrontés, l’humain a tendance se déshumaniser tandis que la marionnette s’humanise. De plus, elle réalise que  » la poupée matérialise un antagonisme dramatique, celui d’un corps qui fait le lien entre l’érotisme et la mort. » I Apologize montre donc trois humains, portés par leurs fantasmes, qui imaginent des mises en scène macabres ( reconstitution d’un accident?) avec des poupées à taille humaine. Si le concept est séduisant, le résultat n’enchante guère. Le rythme est terriblement lent et y sont accumulés de nombreux clichés du théâtre contemporain : la nudité gratuite, les allers-venues intempestives et sans but, les animalisations de l’humain ou encore les objets que l’on déplace sans cesse pour créer avec  » rien » des scénographies renouvelées.

En voix Off, on entend, par vagues méditatives, Denis Cooper, auteur-phare du queercore ( mouvement culturel et social américain qui se rapproche du punk) lire en langue originale son œuvre , I Apologize (distribuée avec la traduction française en même temps que la feuille de salle ). D’une grande violence, ce texte poétique ne pourra faire l’unanimité ; on vous en cite un extrait au hasard :  » I hug my friends until we’re bruised. I won’t hugging them, not if they scream at me to stop. Everything’s a machine. Snort it. Everyone’s a ride. I won’t stop riding us until the barf backs up my throat ». Le rapport du propos, on l’avoue, avec ce qui se déroule sur scène est d’une subtilité qui nous a dépassés: Jonathan Capdevielle – pour lequel l’on compatit durant toute la pièce tant il a un rôle à la fois ingrat et absurde – semble parfois être l’incarnation des mots énoncés : un être paumé qui, sous l’emprise de stupéfiants divers, peut s’adonner à des pratiques violentes.
Seule lueur esthétique? Les maquillages superbes de Rebecca Flores qui rendent les regards effrayants et la présence magnétique d’Anja Rottgerkamp qui offre une belle prestation acrobatique et dansée. Son corps est littéralement habité par la problématique choisie par Gisèle Vienne et l’œil du spectateur finit par ne regarder plus qu’elle. Quant à Jean-Luc Verna, à la plastique recouverte de tatouages et de piercings, s’il électrise forcément le plateau du fait de son apparence atypique, l’on en ressort avec l’impression d’avoir juste assisté à l’exhibition d’un corps ( telle qu’on pourrait la découvrir en boîte de nuit) là où l’on attendait d’une artiste une exploitation plus singulière.

I Apologize
Textes écrits et lus par Denis Cooper
Musique originale et en live: Peter Rehberg
Création des poupées: Raphaël Rubbens, Dorothea Vienne-Pollak, Gisèle Vienne
Maquillage: Rebecca Flores
Créé en collaboration avec, et interprèté par Jonathan Capdevielle, Anja Rottgerkamp, Jean-Luc Verna.

Photo (création 2004) : Mathilde Darel

Dates des représentations:

– Du 3 au 5 décembre 2014 à hTh ( Théâtre des 13 Vents, Montpellier).

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