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La peau d’Elisa: une pièce qui vous effleure, sans plus…

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Deux avis pour cette pièce, rien que pour vous – bscnews.fr!

L’avis de Florence Gopikian Yérémian / Si vous avez des histoires d’amour à raconter, allez les confier à Elisa. Assise sur sa petite chaise à la terrasse d’un café, elle vous écoutera tendrement pendant des heures et prendra en note tous les détails de vos émois amoureux. Il faut dire que pour Elisa, c’est une question de survie: si elle ne se nourrit pas des histoires des autres, la peau lui pousse de toutes parts jusqu’à l’ensevelir…Bien étrange récit que celui de Carole Fréchette qui nous semble confus au premier abord. A travers le monologue de cette jeune fille solitaire, on devine progressivement que l’auteur cherche à mettre en scène les êtres qui ne vivent que par procuration: si Elisa a la peau qui pousse c’est parce que, depuis trop longtemps, plus personne ne la touche, ne n’effleure ni même ne l’aime. A force de vivre repliée sur elle-même, ses sens et sa libido se sont engourdis, voilà pourquoi elle se projette sans cesse dans d’autres vies: celle du fabuleux Siegfried qui coupe le plafond de sa chambre pour laisser sa bien aimée voir le ciel ou celle du beau Yann qui n’hésite pas à entrer dans la baignoire d’une inconnue pour lui faire l’amour.
Afin d’interpréter cette demoiselle désenchantée, la comédienne Laurence Pollet-Villard a opté pour une partition cousue d’amertume et de fragilité: avec sa peau blanche et ses airs de petite fille, elle nous attendrit en nous divulguant ces rencontres amoureuses qu’elle n’a jamais vécues. La voix tremblante et le coeur nostalgique, c’est une actrice « à fleur de peau » qui parvient à faire surgir des images voluptueuses à travers des mots simples: on ressent ainsi le soyeux d’une épaule, la douceur d’une nuque, le frôlement d’un corps…et lorsqu’elle nous parle de son manque d’amour, on voit bien que ses lèvres languissent après des baisers et que ses yeux se troublent.
Malgré le talent évident de la comédienne, le texte mis en scène par Véronique Kapoïan manque de souffle. Présenté comme une confidence romantique, il s’enlise dans l’ambiguité et la répétition au point que son infinie spirale finit par nous lasser… Dommage.

L’avis de Mélina Hoffmann/ « Si vous étiez une femme dans un café, une femme qui a peur pour sa peau, et si un jeune homme vous avait dit ce qu’il m’a dit, est-ce que vous l’auriez cru ? Non ? Moi je suis sûre que oui. Si vous aviez peur comme moi et si vous aviez senti sa peau parfaite sous vos doigts, je vous jure que vous l’auriez cru. »

Assise à la table d’un café, le sourire aux lèvres et l’oeil malicieux, une femme nous raconte des souvenirs. Elle nous parle de Sigfried, de Jan, d’Edmond, de Ginette ou encore d’Anna. Des histoires d’amour qui s’entremêlent, qui livrent de petits moments de vie, des instants de magie, d’espoir, de doute. Des confidences pleines de tendresse et de délicatesse. Avec cette étrange manie de s’interrompre parfois pour nous parler de sa peau, laissant alors transparaître une certaine fébrilité. Complètement hypnotisés par la générosité et la sincérité de sa narration et de sa présence, on reste suspendus à ses lèvres. Elisa nous touche, nous attendrit, nous fait rire. Elle nous peint si bien les lieux, les sensations, les atmosphères, que l’on sent la caresse du vent, le frémissement de la peau, les mains moites, les papillons dans le ventre, et c’est la salle de théâtre qui semble n’être plus qu’un lointain souvenir… On est avec elle, avec eux, quelque part, ailleurs, dans une proximité intime. Et on voudrait que ça ne s’arrête jamais. « Est-ce que je raconte bien ? Avec assez de détails ? » demande-t-elle ? Et on aurait envie de lui répondre qu’elle ne s’inquiète pas, que c’est parfait.
Mais qu’est-ce qui pousse Elisa à raconter tout ça ? Tous ces souvenirs lui appartiennent-ils vraiment ? Qui est cette femme ? Pour le savoir, il faudra vous rendre au Théâtre Michel et vous laisser transporter à votre tour par cette pièce unique qui fait vraiment du bien au coeur.

La peau d’Elisa
Un texte de Carole Fréchette
Collaboration artistique Véronique KapoÏan

Théâtre Michel
38, rue des Mathurins – Paris 8e

Jusqu’au 30 décembre 2014
Les mardis & mercredis à 19h15
Réservations: 0142653502

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