fbpx

Untitled de Sciarroni? Une performance physique autour de l’art de la jongle

par

Par Florence Gopikian Yérémian – bscnews.fr/ Alessandro Sciarroni est l’un des chorégraphes les plus singuliers de sa génération car il touche à tout. Nées en Italie, ses oeuvres arpentent régulièrement les festivals européens de danse contemporaine. Au mois de mai 2013, son spectacle Folk-s, consacré à la danse tyrolienne, a fait l’ouverture des Rencontres chorégraphiques internationales de Seine Saint Denis. Avec sa nouvelle pièce, Untitled_I will be there when you die, il s’oriente vers un univers particulier: celui de la jongle.

Sur une scène totalement épurée, quatre jongleurs font face au public. Armés de leurs fines massues, ils se mettent lentement à les propulser dans les airs. Leur cadence est calme et régulière mais peu à peu une onde aérienne se propage entre les artistes qui commencent à accélérer leur mesure. De façon synchronisée ou décalée, leurs mouvements se multiplient et instaurent progressivement un dialogue d’objets entre chacun des protagonistes. Tels des trophées blancs lancés vers les cieux, leurs massues font d’élégantes pirouettes avant de retomber bruyamment comme de grosses gouttes d’eau blanches. Hormis ces âpres cliquetis de pluie, un musicien accompagne le spectacle de sons saturés confrontés à des mélodies pianistiques.
Bien que la performance de ce jeune quatuor soit insistante et un peu trop longue (40 minutes de lancés verticaux!), elle joue sur la perception visuelle des spectateurs et leur permet de s’arrêter sur des détails qui passent habituellement inaperçus dans les représentations de jonglerie: en se concentrant sur la répétition hypnotique des figures, on parvient à décrypter un mouvement de bras, à capter la rapidité d’un geste ou à sentir le souffle du jongleur qui continue son numéro jusqu’à l’épuisement. Car épuisement il y a: jongler sur une durée aussi longue est extrêmement physique; les quatre athlètes-automates ont constamment la tête en arrière et leurs bras musclés ne s’arrêtent pas une seule minute: lancer, attraper, relancer, rattraper. Derriere une apparente facilité se cachent des heures de travail et une discipline scénique des plus strictes. Voilà certainement pourquoi Alessandro Sciarroni a voulu se pencher sur cet art habituellement lié à l’univers circassien: son travail de chorégraphe y a discerné un concept de lutte et de résistance ainsi qu’une discipline proche de la méditation. En effet, afin de ne commettre aucune erreur, le jongleur ne doit pas seulement faire preuve de dextérité, il doit atteindre un état de concentration quasi mystique!
Untitled ? Un challenge artistique contre la gravité!

Untitled – I will be there when you die
D’Alessandro Sciarroni
Avec Lorenzo Crivellari, Edoardo Demontis, Victor Garmendia Torija et Pietro Selva Bonino
Musique: Pablo Esbert Lilienfeld

Dates des représentations:

-Du 18 au 22 novembre 2014: Théâtre Le Monfort -106 rue Brancion – Paris 15e
Réservations: 0156083388
www.lemonfort.fr

-Du 26 au 30 novembre 2014 : Le centquatre – 106 rue d’Aubervilliers – Paris 18e
-Du 2 au 3 décembre 2014: Pavillon Noir – Aix en Provence – Festival Dansem
-Du 11 au 12 décembre 2014 : Théâtre d’Arras

– 18 mars 2015 à 19H – LA BRÈCHE- CHERBOURG-OCTEVILLE – Festival Spring ( Basse-Normandie)

A voir aussi:

Contact : le ballet psychédélique de Philippe Découflé

La danse acoustique d’Emanuel Gat, comme une vague d’air frais

La clameur des arènes dérangeante de Salia Sanou

Alonzo King : la danse, à mi-chemin entre la poésie et la philosophie

Genesis : une chorégraphie métaphysique transculturelle superbe

Empty Moves : une performance pour 4 danseurs à l’accompagnement sonore discutable

Boris Charmatz : des adultes, des enfants et des machines sur le plateau

Laissez votre commentaire

Il vous reste

0 article à lire

M'abonner à