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Ce drôle de milieu littéraire !

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Par Laurence Biava – bscnews.fr / Jean-Baptiste Gendarme, écrivain et rédacteur en chef de la revue Décapages dont il est le créateur, accompagne avec humour et impertinence dans ce sixième livre l’aspirant écrivain dans le singulier marathon qui mène à la publication d’un livre : un vrai parcours du combattant. Autant avoir les nerfs bien accrochés. Ce livre s’appelle Splendeurs et misères de l’aspirant écrivain. Un livre piquant et malicieux. Fort bien venu en cette nouvelle rentrée littéraire 2014. Du désir d’écrire à la parution du premier roman, ce livre révèle et décrypte tous les us et coutumes de la chose littéraire. Témoignages d’écrivains et d’éditeurs à l’appui, ces vingt-sept chapitres parmi lesquels Le néo-littérateur vs l’écrivain, La lettre, Signature de contrat, A la recherche de la sérénité, Le deuxième roman, enfin.. sont disséminés à l’intérieur de deux grandes parties «Aux commencements» et «La vie littéraire».

Ce livre, c’est une petite bible, un livre mode d’emploi/clefs en main du milieu littéraire dont on ne pourra bientôt plus se séparer. Autant de cailloux blancs pour éviter les pièges et trouver son chemin à travers le monde infernal des lettres. Le chapitre sur les Prix littéraires est rassurant, celui sur la façon de présenter son manuscrit, astucieux. Les comparaisons sont intéressantes : l’écrivain, comparé à un nageur de 1000 mètres dans sa ligne, et/ou victime du syndrome du cycliste sont également bienvenues. Parce qu’assez justes. Gendarme se souvient également d’un certain nombre de correspondances littéraires et d’anecdotes raffinées de la vie littéraire dont celle-ci.

«L’édition reste une industrie. L’éditeur n’agit pas par pure philanthropie. Et l’écrivain, lui, ne publie pas pour faire fortune. Si on recherche un moyen de gagner de l’argent, mieux vaut suivre de grandes études et intégrer une banque internationale, ou gagner au lot. Mathieu Galey dans son Journal rapporte une historie de Jacques Brenner : un jour – en 1941 ou 1942 – Jean Genet va voir Marcel Jouhandeau pour lui dire qu’il a écrit un livre et qu’il souhaite désormais gagner honnêtement sa vie grâce à la littérature. Jouhandeau fait la moue, toussote : « Vous savez, la littérature ne nourrit pas son homme, il vaut mieux garder un second métier ». Quelques mois plus tard, Genet écrit à Jouhandeau : « Monsieur, j’ai suivi votre conseil et je me retrouve en prison pour vol. Pourriez-vous m’envoyer des colis ?».

Quant au rappel du lancement du livre «Le diable au corps» de Radiguet, c’ est un réel morceau d’anthologie. 
Bravo pour cet essai aussi brillant que divertissant, que drôle.

Splendeurs et misères de l’aspirant écrivain
Jean-Baptiste Gendarme
Editions Flammarion
172 pages

photo Astrid Di Crollalanza

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