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Un mardi en novembre: par delà la mort et la maladie, la vie continue…

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Par Florence G.Yérémian – bscnews.fr/ Eva Chastel est une vieille dame en souffrance. Retirée dans sa propriété du Gers, cette grande comédienne doit affronter une ennemi aussi redoutable que la mort: la maladie d’Alzheimer. Face à ses absences et ses oublis répétitifs, sa nièce Lisa souhaite lui faire consulter un médecin mais Eva refuse, car elle refuse tout simplement de s’avouer l’évidence…

Voyant sa mère en désarroi, Aurélien accepte de mettre de côté ses rancoeurs passées pour essayer d’aider cette figure maternelle qui, au fond, ne s’est jamais vraiment occupé de lui. Il faut dire qu’Eva avait bien trop à faire entre son métier d’actrice et son second fils, Samuel… Certes, Samuel était différent des autres enfants, il ne concevait pas le monde de la même manière que tous les petits garçons de son âge. Voilà pourquoi, un jour, il s’est avancé vers le lac et on ne l’a plus jamais revu…Cette disparition soudaine a brisé le peu de liens qu’il y avait entre Eva et Aurélien: Samuel était-il mort par accident? S’était-il suicidé? Personne ne le saura jamais. Quoiqu’il en soit, c’est à présent Eva qui a besoin d’aide, d’autant plus qu’elle commence à avoir des hallucinations: le fantôme de Samuel ne cesse de lui rendre visite! Elle le clame avec une telle certitude que peu à peu, elle entraine sa nièce et Aurélien dans son délire hallucinatoire. Mais ce fantôme, ne serait-il pas en quelque sorte, une bonne conscience qui viendrait dire à chacun le meilleur chemin à suivre pour continuer à vivre?
Au sein de cette tranche de vie douce-amère, les quatre interprètes évoluent dans une symbiose parfaite: Annie Vergne joue une Eva inquiète et irascible qui cache sa déprime derrière d’excessifs sauts d’humeur. Refusant de devenir étrangère à elle-même, elle s’emporte, rit trop fort mais montre également de grands moments de lucidité. En opposition à cette vieille dame caractérielle, Lisa (Juliette Stevez) incarne une nièce douce et bienveillante: coiffée de son béret bleu un peu bancal, elle manque d’assurance mais va petit à petit reprendre sa vie en main. Aurélien (Guislain Geiger), quant à lui nous fait songer à un grand clown triste avec son bâton de pluie. Egaré et fragile comme un chat trop longtemps laissé à l’abandon, il se terre dans son amertume. En revenant sur les lieux de son enfance pour épauler sa mère, il va voir ressurgir mille et un souvenirs dont le spectre de son petit frère Samuel. Ce dernier (Julien Séchaud) ponctue la pièce de ses sereines apparitions et disparitions. Malgré son innocence enfantine et ses gestes un peu gauches, il console et conseille ses proches tel un ange salvateur apportant la paix aux êtres qu’il aime.
Un mardi en novembre? Une partition simple et tendre pour parler de la mort et de la maladie sans tomber dans l’impasse du pathos.

Un mardi en novembre
De Julien Séchaud
Mise en scène: Annie Vergne
Avec Ghislain Geiger, Julien Séchaud, Juliette Stevez et Annie Vergne.

2e saison
les jeudis à 19H
Du 7 janvier au 7 avril 2016

Le guichet Montparnasse
15, rue du Maine – Paris 14e

– Du 5 septembre au 20 décembre 2014

– Les jeudis à 19H du 05 février au 26 mars 2015 (Relâche le 05 mars)
Reprise à partir de septembre 2015

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