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Paul Lynch : un nouveau souffle littéraire américain

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Par Nicolas Vidal – bscnews.fr/ Un écrivain qui nourrit le dessein ardent de revenir à la trame, de se concentrer uniquement sur celle-ci et de proposer aux lecteurs d’assouvir leur besoin fondamental d’histoires a forcément quelque part d’heureuses intentions littéraires et une paire d’idées géniales à nous faire partager.

Paul Lynch, critique cinéma pour le Sunday Times, l’Irish Mail et l’Irish TImes, vient de faire paraître un étonnant premier roman « Un ciel rouge, le matin» aux Éditions Albin Michel sous la direction de Francis Geffard, l’un des plus éminents éditeurs de littérature américaine en France à qui l’on doit l’époustouflant et magistral premier roman ( encore!) de Donald Ray Pollock « Le diable tout le temps » paru également chez Albin ( pour les intimes).

« Un ciel rouge, le matin» a le reflet singulier du roman qui sort totalement de l’ordinaire et qui vous emporte petit à petit vers un horizon littéraire que vous sentez étranger, mais bardé de promesses. Paul Lynch est lui même originaire du Donegal, région située au nord-ouest de l’Irlande battue les vents et les embruns marins. Le point de départ de ce roman démarre au visionnage d’un reportage sur la découverte macabre d’une soixantaine de cadavres d’ouvriers irlandais enterrés dans une tranchée près de Philadelphie à la fin du 19e siècle. Ainsi, Paul Lynch, intéressé tout autant que touché par cette histoire, a tenté de l’expliquer et de redonner vie à ces hommes dans ce roman. Coll Coyle est l’un d’entre eux. Il est un jeune métayer qui vit avec sa fille et sa femme enceinte de leur deuxième enfant. Il travaille pour un propriétaire terrain qu’il tue accidentellement lorsque celui-ci décide de l’expulser avec sa famille. Suite à cela, Coll Coyle s’enfuit en quittant sa femme et sa fille. Il est poursuivi par Faller, le contremaître de la propriété qui réclame vengeance pour le meurtre de son patron. Cette chasse à l’homme est, à plusieurs égards, passionnante tant elle marie à merveille le lyrisme d’une Irlande comme terre de naissance et de traditions, mais également comme une culture qui s’exprime au-delà des frontières à l’origine de ces grandes vagues d’immigration irlandaise vers les États-Unis. Paul Lynch insuffle avec brio à sa trame la tension autant que le désespoir qui envahit au fil des pages Coll Coyle en tentant d’échapper à Faller et à la mort. Seule l’idée de recevoir sa femme et sa fille le pousse à surnager dans un monde hostile, étranger et dangereux.Rien ne semble pouvoir arrêter la fougue littéraire de Paul Lynch qui nous immerge totalement dans une ambiance aussi violente que lyrique tant et si bien que la fatalité se confond avec le personnage pour en devenir un rouage essentiel, poussé par une machinerie inexorable.

« Un ciel rouge, le matin» est le fruit d’un travail remarquable servi par un style littéraire de très grande qualité. Il y a fort à parier que Paul Lynch ne s’arrêtera pas en si bon chemin et l’impatience nous saisit déjà de lire sa prochaine et géniale idée littéraire. »

UN CIEL ROUGE, LE MATIN
PAUL LYNCH
EDITIONS ALBIN MICHEL
304 PAGES – 20,00 EUROS

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