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Les Ateliers Gallimard : J’écris donc je suis…

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Par Ewa Crétois- bscnews.fr / Si écrire est une chose, bien écrire en est une autre. C’est à la manière d’un horloger ou bien même d’un meurtrier qu’un écrivain procède. Pas de place au hasard.

La mécanique se doit d’être parfaitement bien huilée. L’écrivain est un orfèvre des mots à l’écrin finement ciselé. En un coup de plume le cauchemar/le rêve devient réalité. Vous qui vous pensiez seulement confortablement assis en train de lire, venez de vous faire happer dans un roman à l’intrigue bien ourdie par la jeune relève du policier français: Ingrid Astier.

Ecrire ou l’art de l’équilibre, c’est sur un fil que l’on se retrouve souvent, celui de l’écriture: là ou ni la demi-mesure ni l’a peu-près n’ont leur place. Etre écrivain, c’est (d)écrire la vraisemblance: condition sinéquanone du genre policier. Les polars de Georges Simenon semblaient réalistes, vraisemblables. Qui peut se targuer de ne pas avoir cru en l’existence de ce bourru mais attachant commissaire Maigret ? Le personnage, clé de voûte du roman. Souvent un personnage inoubliable accompagne nos souvenirs de romans marquants? Comment insuffler la vie à un personnage de papier et en faire un être de chair et de sang ? Quel est donc ce miracle littéraire ? Comment des mots seuls peuvent-ils camper des personnages à la complexité si humaine ? C’est sous la houlette de Pierre Péju que nous apprendrons le savant dosage nécessaire à la composition du personnage. L’écrivain est un analyste. Il décortique, il étudie avec minutie, scrute. Il observe tout ce qui se passe autour de lui, et c’est en quête de vraisemblance, de réalisme qu’il écrit ses personnages, leur donnant ainsi la vie.

L’écrivain possède un style, mais trouver son style exige une connaissance parfaite de soi. Invité à une introspection par Paule du Bouchet, le public sera convié à se raconter pour mieux conter. Rien n’est plus compliqué que de se raconter sois-même, on est complaisant, on se trouve des excuses, on travestit la vérité… Mais comment bien écrire les autres alors que l’on peine à écrire sur soi ? Nombreux sont les écrivains à avoir inclus une part autobiographique dans certaines de leurs oeuvres. N’est ce pas Gustave Flaubert qui avait lancé son fameux « Madame Bovary, c’est moi » ? Qui ne s’est pas dit, après la lecture du Journal d’Anne Frank qu’écrire sur soi de manière quotidienne était un bon moyen d’affûter sa plume, son sens critique ? Le style est un registre trop subtil, une affaire de dosage, ni trop, ni trop peu.

L’écrivain est acrobate. Jean-Baptiste Del Amo nous invitera à jouer avec la structure romanesque et l’édifice de la narration à la manière d’un Gide qui se plaît à déstructurer les textes, bouleverser la chronologie, perdre le lecteur dans un dédale d’intrigues, brisant les codes littéraires d’une époque. Un écrivain est aussi caméléon, quelqu’un qui parvient à captiver, peu importe ce qu’il raconte, peu importe le public. Un écrivain jeunesse fait rêver, et c’est avec le concours de Jean-Philippe Arrou-Vignod que le rêve deviendra réalité. On se souvient tous de la magie des contes pour enfants. Nous y avons cru, avec ferveur. Tout semblait réel, le héros, l’intrigue, tout. C’est par le biais du héros que nous avons pu entrer dans ce récit qui nous tenait en haleine? N’y a t-il donc personne qui a guetté sa boîte aux lettres, des années durant, dans l’attente de voir un hibou apporter une lettre de Poudlard ? Écrire un roman c’est savoir bâtir, aimer créer, élever. C’est inventer une porte dans le récit, faisant du processus de lecture, une véritable aventure.

A l’automne prochain, Gallimard propose, avec le concours d’écrivains, des ateliers d’écriture ouverts au public. Chaperonné par cinq plumes des belles-lettres françaises, le public sera invité à apprivoiser, au cours de plusieurs séances, l’art subtil qu’est celui de l’écriture.

« Marcher dans le noir 1 et 2 » par Ingrid Astier 
4 séances : 1er, 08 et 15 octobre, et 5 novembre 2014
« La composition du personnage » par Pierre Péju
 4 séances: 11 et 12 octobre, 15 et 16 novembre 2014
« L’écriture de soi comme exercice de style » par Paule du Bouchet 
2 séances: 16 novembre et 14 décembre 2014
« La (dé)construction du récit » par Jean-Baptiste Del Amo 
4 séances: 19 et 26 novembre, 3 et 10 décembre 2014
« Carnets de route » par Danièle Sallenave 
4 séances: 22 et 23 novembre, 13 et 14 décembre 2014
« Ecrire pour la jeunesse » par Jean Philippe Arrou-Vignod
 12 et 19 novembre, 03 et 09 décembre 2014

Lieu
 : Éditions Gallimard
 5, rue Gaston Gallimard
 75007 Paris

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