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Elise Tielrooy : Le bonheur n’est pas un sport de jeune fille

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Par Laurence Biava – bscnews.fr / Dans un centre de thalassothérapie, les clients croient être venus pour une cure de détente. Tous comptent oublier leur quotidien, tous sont prêts à ne plus s’occuper que d’une chose : leur corps.


Mais Guillemette, jeune masseuse de l’établissement, va voir son passé ressurgir et mettre un joyeux désordre dans le bel équilibre des forfaits embruns et autres parcours marins. En trois jours, elle devient le grain de sable dans la machine bien huilée des soins à heure fixe. Malgré elle, en raison des incroyables révélations relatifs à ce passif houleux, les soins intensifs vont bouleverser la vie de Mona, de Victor, d’Iris, Claudine ou encore Thomas. Pour le pire comme pour le meilleur. 

Avec cette comédie pétillante et cocasse, l’auteur du livre semble avoir voulu nous dire que la vie a plus d’imagination que nous. Du fait de la posture de l’héroïne principale, Guillemette, qui est déstabilisée et décalée par rapport à la réalité. Mis en rupture, les clients, poussés dans leurs derniers retranchements, confrontés à l’inattendu qu’elle leur impose, basculent avec elle, au seuil de leurs limites. 

Le dispositif de la mise en scène est sympathique et intelligent. Délestés de leurs oripeaux, de leurs masques, de leurs costumes, prêts à recevoir, enfermés dans un même lieu, les gens sont forcés à se parler. Elise Tielrooy, dont la plume est caustique en même temps qu’ondoyante, dit beaucoup de choses, avec cet air de pas y toucher, notamment en pénétrant le mental des personnages. On retiendra des scènes extrêmement pétillantes, un rythme qui ne faiblit pas, une narration d’une rare pertinence, et une façon d’appréhender les attitudes collectives dans un contexte donné, hors norme.

Un très bon moment de lecture que ce premier roman.

« Pour mourir sous ces arbres, elle avait eu l’orgueil de penser qu’il suffirait d’attendre. Mais cet amas de molécules qu’elle rêvait de disperser était bien en état de marches, il dégageait même une odeur atroce. Cela avait été sa première leçon. L’orgueil, ça pue, puis, ça gratte. Maudissant ses membres engourdis, elle avait rampé de quelques mètres pour fuir cette réalité organique qui l’incommodait pour la première fois ».

Le bonheur n’est pas un sport de jeune fille
d’Elise Tielrooy
376 pages
18 €
Editions Belfond

(Elise Tielrooy – Crédit photo Philippe Matsas – éditions Belfond)

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