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Jazz à Junas : le Jazz du cercle arctique

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Par Victor Stefanini — bscnews.fr / Du 23 au 26 juillet 2014 aura lieu le festival Jazz à Junas. Un festival qui, depuis 21 années, se distingue par la qualité des artistes qu’il parvient à rassembler. Cette édition sera marquée par la thématique « rencontre avec le cercle arctique », fil rouge de l’événement et qui permettra aux artistes du « Grand Nord » de faire découvrir les singularités de leur Jazz. Depuis sa création, le festival Jazz à Junas se démarque par cette volonté de faire du Languedoc un lieu de rencontres avec le monde extérieur.

Après Chicago, la nouvelle Orléans, New York, la Sardaigne, les Pays-Bas, l’Italie ou encore l’Espagne, cette année le jazz du cercle arctique sera mis à l’honneur.
Ulf Wakenius et Nil Landgren, artistes suédois, célèbres par-delà les frontières musicales, viendront ajouter leurs noms à la longue liste des invités prestigieux venus se produire dans le cadre bucolique et enchanteur de l’ancienne carrière romaine à la sortie de Junas dans la garrigue gardoise.
Force est de constater que ce festival perdure et continue de surprendre, sans une exposition à la mesure des artistes qu’il parvient à convaincre avec talent. Pour cette nouvelle édition, Vincent Peirani, accordéoniste de renom dont le talent est d’avoir dépoussiéré toute la mythologie de cet instrument, sera lui aussi présent à Junas à l’occasion de cet événement.
Cette année encore, le festival Jazz à Junas tentera l’alchimie délicate d’un jazz à consonance nordique joué au cœur de l’été languedocien afin que cette carrière de pierre devienne le temps d’un festival une véritable mine d’or, avec en ligne de mire, le plaisir des amoureux du jazz.
Sebastien Cabrié, programmateur de Jazz à Junas, nous explique la démarche artistique du festival et nous dévoile les ambitions qu’il nourrit à son égard.

D’abord, comment est né le festival ? Quels sont les faits marquants de son histoire ?
Le festival est né d’une association rassemblant des amis d’enfance et des camarades de classe qui ont eu envie d’organiser 2 soirées Jazz dans les carrières de Junas.
Cette association organisait déjà diverses animations sportives, culturelles ou autre dans le village et elle a eu l’envie et le souhait d’organiser quelque chose de plus original, basé sur le Jazz. L’idée était de ne pas rajouter un festival parmi ceux déjà existants, mais de pouvoir proposer quelque chose de très particulier, basé sur la découverte et la rencontre. En 1993 la première édition du festival avait pour thématique : rencontre avec la Lituanie. Autre fait marquant, la rencontre avec Paolo Fresu en 1996 pour la rencontre avec L’Italie. Paolo est devenu un ami proche de l’association et a contribué à faire connaître Junas, puisque ce festival est à l’image de celui qu’il portait en Sardaigne, à Bercchida. Il nous a aussi beaucoup appris. Paolo est citoyen d’honneur de la commune de Junas depuis 2003.

Pouvez-vous nous présenter votre parcours ? En quoi consiste votre rôle au sein du festival ?
Mon parcours est assez classique, diplômé de l’IUP de Nîmes « Métiers des Arts et de la culture », une première immersion dans le milieu culturel aux côtés de Bernard Faivre d’Arcier à Avignon en tant que stagiaire attaché de presse du Festival, ensuite coordinateur d’une compagnie de théâtre à Montpellier, et puis j’ai postulé à une offre pour être coordinateur de Jazz à Junas en 2003. J’y suis donc depuis le 1er janvier 2004, et depuis peu directeur. Mon rôle est de faire que tout se passe pour le mieux ! À la fois pour les finances grâce à un travail de relations avec tous les financeurs (collectivités, États, etc.) ainsi qu’avec tous les bénévoles puisque nous sommes dans une association qui compte de très nombreux bénévoles, sans qui tout cela ne serait pas possible. On avance avec eux en tachant qu’ils y trouvent un intérêt et un plaisir à travailler tous ensemble autant dans les commissions, que sur le terrain jusqu’au jour J.

Cette année encore, de grands noms de la scène Jazz seront présents. Comment parvenez-vous à les convaincre ?
Notre programmation est basée essentiellement sur la découverte d’artistes européens ou français donc si les musiciens sont libres, ils sont très heureux de pouvoir venir jouer chez nous. Pour « les grands noms », comme vous dites, nous invitons sans nous donner de contraintes budgétaires au départ, pour pouvoir rêver le plus possible ! Ensuite ils se trouve que même des personnalités plus connues connaissent notre festival ou en ont au moins entendu parler par d’autres musiciens qui leur en ont dit du bien et donc ils souhaitent eux aussi pouvoir venir jouer dans ce lieu magique des carrières et partager un moment convivial avec nous à Junas. Ici tout est fait pour que les musiciens se sentent bien, nous ne pouvons pas leur proposer des loges 4 étoiles, des budgets énormes, etc.
Cela se joue sur la musique tout simplement et la passion de tous les bénévoles qui font tout pour que le rapport entre le public et la musique se passe au mieux. Une sincérité et une convivialité qui sont nos principaux atouts ! C’est vrai que dans les carrières et même au temple (autre lieu de concert) on vit souvent des moments exceptionnels et uniques. On peut voir des spectateurs pleurer, rire, fermer les yeux tant les émotions sont parfois très fortes lors des concerts.

Au regard des thématiques abordées au cours des différentes éditions du festival, qu’est-ce qui, selon vous, fait l’originalité du Jazz du « cercle arctique » ?
Le jazz scandinave et plus largement du « Grand Nord » a un son spécifique emprunt de sonorité parfois rock ou électronique avec des musiciens très atypiques. C’est ce jazz-là que nous voulons montrer cette année, à la fois moderne Tonbruket, Magnus Ostrom par exemple et à la fois ancré dans la tradition comme avec le duo venu de Sibérie le samedi.

À quel public s’adresse cet événement ?
À tous !! Nous souhaitons rendre le jazz le plus accessible possible, tant par le prix (nous sommes sur des tarifs très bas pour ce genre de programmation entre 20 et 25 euros avec une gratuité pour les moins de 16 ans, que par la manière dont nous présentons tout cela. C’est dans une ambiance très champêtre et conviviale, l’idée est à la fois de plaire aux connaisseurs avec des musiciens de très grande qualité, mais aussi aux non initiés qui viennent découvrir des choses. Des groupes qui parfois ne vont pas forcément être leur tasse de thé, mais ils sont heureux d’avoir découvert et d’avoir passé un moment sympathique même s’ils n’écouteront pas le groupe en question chez eux. Nous voulons que les gens gardent cet esprit de curiosité. C’est une prise de risque pour nous, bien évidemment, mais on l’assume totalement.

Quelles sont vos attentes quant à cette 21e édition du festival Jazz à Junas ?
Que le public soit au rendez-vous qu’il puisse partager des moments uniques avec nous, avec Yun Sun Nah par exemple (lire l’interview ici) qui est très reconnue aujourd’hui comme avec Satu Niiranen beaucoup moins connue. Une bonne météo aussi !

Quel regard portez-vous sur l’avenir de votre festival ?
Bien évidemment je souhaite que ce festival perdure le plus possible puisqu’aujourd’hui, au-delà du Festival de l’été, c’est une programmation à l’année avec prés de 30 concerts. C’est un 2e festival au Vigan en avril depuis 5 ans, c’est un service éducatif Musique [le seul dans le Gard à ce jour]. Cela fait beaucoup de musiciens et de techniciens engagés tout au long de l’année et donc Jazz à Junas est un acteur essentiel pour la vitalité culturelle et particulièrement du Jazz de notre région aujourd’hui.

Le programme complet de Jazz à Junas (Gard)

MERCREDI 23 JUILLET :
Vincent Peirani Solo
Doudou Gouirand / Michel Marre Quartet
Youn Sun Nah Quartet

JEUDI 24 JUILLET :
Little Red Suitcase
Ulf Wakenius Trio
Tonbruket Quartet

VENDREDI 25 JUILLET :
Satu Niiranen
Magnus Ostrom Quartet
Erik Truffaz Quartet invite Torun Eriksen

SAMEDI 26 JUILLET :
Grand Ensemble Koa
Shono
Marc Ducret Quartet
Nils Landgren Funk Unit

Le site officiel du Festival Jazz à Junas : www.jazzajunas.fr

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