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Brèves de dézingue

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Par Marc-Emile Baronheid – bscnews.fr/ Le polar danse de plus belle. Son carnet de balles est rempli de noms de prétendants. L’embarras du choix. Tout pour la musique, pourvu qu’elle soit bonne.

L’officier Scott James ne se remet pas d’avoir vu sa partenaire se faire abattre sous ses yeux. Diminué par une blessure, il est bon pour le cimetière des éléphants. Fautes d’éléments tangibles, ses collègues s’apprêtent à classer l’affaire. Dans un dernier sursaut, Scott trouve l’énergie d’encore enquêter, au risque de sa vie et de sanctions administratives. Le dossier est périlleux. Il trouve une motivation inattendue dans la présence nouvelle de Maggie, une chienne soldat surentraînée à la détection d’explosifs et blessée en Afghanistan. Quand deux êtres promis au placard se rencontrent, cela peut déplacer des montagnes. Par-delà une enquête menée tambour battant, l’attachante histoire de tendresse entre un homme et un animal. Même les durs ont un cœur. A ne pas manquer.
▶︎« Suspect », Robert Crais, Belfond Noir, 20,50 euros

On savait les éditions Jigal occupées à tracer leur petit bonhomme de chemin dans la jungle de l’édition policière. Force est de constater qu’elles progressent désormais à marche forcée, alignant les bons livres comme les mauvais garçons multiplient les crimes. Gilles Vincent puise son inspiration dans les faits divers, d’où le naturel de ce huitième opus, dont les péripéties pourraient se passer près de chez vous, à moins que vous n’en soyez les protagonistes à votre corps défendant. L’endoctrinement pour la guerre sainte, un licenciement, un effet collatéral de l’affaire Dutroux ne devraient pas être liés, a priori. Et pourtant … Qui sillonne les routes de France et de Belgique pour redresser les torts et rendre la justice ? La commissaire Aïcha Sadia en perd son latin (!), d’autant qu’elle craint d’être plus directement impliquée qu’elle ne le souhaiterait.
Comme l’écrivait Dumas père dans Les Mohicans de Paris, « Cherchez la femme, pardieu ! Cherchez la femme ! ». Et prenez garde aux romans simples comme bonjour.
« Trois heures avant l’aube », Gilles Vincent, éditions Jigal, 18,50 euros

Neuf ans après avoir vécu une tragédie intime, Clara tente de retrouver l’équilibre mental auprès de François, brillant neurologue qui consacre toute sa science à reconstruire la jeune femme. Un crime sanglant replonge Clara dans les abîmes de la peur. Intervient une enquêtrice qui avait travaillé sur l’ancienne affaire. Des faits étranges sèment le doute sur les personnalités en présence. L’ombre de la lycanthropie, la fabrication de souvenirs d’atrocités qui n’ont jamais eu lieu, les déambulations dangereuses dans certaines zones de la conscience : tout s’entremêle, plus personne ne paraît innocent, dans ce récit qui courtise le fantastique. « La jeune femme répandait vraiment le sang sur son passage, avec l’efficacité d’une bête ayant passé un pacte maléfique avec le diable ». Si vous ne craignez pas d’affronter les labyrinthes de la mémoire et les banlieues de la peur, ceci est pour vous.
« Trouvée », Luc Bossi/ Isabelle Polin, Fayard Noir, 18 euros

La collection Belfond Noir est bénie des dieux. A mesure qu’Harlan Coben marque le pas, Linwood Barclay affirme sa maîtrise et affiche l’étendue de son talent. Thomas Kilbride est le détonateur de ce nouveau roman époustouflant de virtuosité, tétanisant comme une ceinture d’explosifs à la minuterie enclenchée et dont vous seriez incapable de vous défaire. Seule issue : aller au bout du récit. Croyez-moi, vous ne vous ferez pas prier. On comprendra pourquoi Thomas est agoraphobe mais ce qui préoccupe dans l’immédiat c’est sa passion totalement schizophrénique pour la cartographie. Il arpente virtuellement toutes les villes du monde et en mémorise le cadastre avec une précision ahurissante. Un jour, il remarque à Manhattan ce qui deviendra le mystère de la tête à la fenêtre et déclenchera des déflagrations en chaîne. Vous n’aurez pas droit au résumé car Barclay ne se condense pas : il se dévore ! Il sème des interrogations qui germent à mesure que le récit paraît s’éclairer. « Je n’ai jamais rencontré une situation aussi tordue, a déclaré Duckworth. Et croyez-moi, j’en ai vu des vertes et des pas mûres ». L’ultime rebondissement survient 11 lignes avant la fin de la 459e et dernière page …
« Fenêtre sur crime », Linwood Barclay, Belfond Noir, 21,90 euros

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