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Angelina Jolie : une Maléfique diaboliquement fidèle à Disney

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Par Julie Cadilhac – bscnews.fr/ Qui est réellement Maléfique, cette affreuse fée qui jette un sort épouvantable à la petite Aurore alors qu’elle gazouille dans son berceau? Pour quelle raison les conteurs négligent-ils systématiquement de nous narrer le passé des opposants des héros?

Ne sommes-nous pas quelque peu naïfs d’avoir cru la version que nous racontaient Perrault ou encore Grimm et, plus tard, les studios Walt Disney, et qui nous montrait à quel point cette méchante femme s’acharnait à rendre malheureuse la famille royale entière simplement parce qu’elle était vexée de n’avoir pas été conviée aux festivités? Est-ce une raison suffisante pour un sortilège aussi affreux?
Et qui y croit, franchement, à cette Belle au Bois Dormant qui passe 100 ans à dormir dans la tour d’un château et se réveille, fraîche comme une rose, du baiser d’un prince charmant? Pas Linda Woolverton et Paul Dini en tous cas qui ont imaginé une version moins dichotomique de ce conte légendaire, tout à fait pertinente et réussie. Maléfique y devient une jeune fée aussi jolie qu’espiègle qui, bafouée par un humain en lequel elle avait placé tout son amour et sa confiance -et qui la trahit vilement pour satisfaire ses ambitions de trône -, décide de se venger sous le coup d’une fureur extrême, bien compréhensible au regard de la blessure qui lui est infligée…

Robert Stromberg a réalisé un film extrêmement divertissant mais aussi esthétique que l’on serait bien niais de bouder. Maléfique invite à une promenade magique au pays des contes de fées ; les effets spéciaux sont époustouflants et la volonté de rester fidèle au « classique d’animation » de Disney sorti en 1959 s’avère jouissive pour les adultes qui ont grandi avec l’image de cette Maléfique au front cornu et à la robe pourpre ceinte de faisceaux lumineux menthe à l’eau. Ici les ronces deviennent des murs infranchissables, là les fées ravissent de leur bonhomie étourdie, là encore les paysages étourdissent de merveilleux. Angelina Jolie y incarne avec beaucoup d’éclat et de justesse cette fée déchue ; face à ses yeux perçants et son sourire glacé, en effet, on replonge immédiatement en enfance tant elle ressemble à la Reine de nos cauchemars d’antan…Son acolyte mi-humain mi-corbeau, Diaval, joué par Sam Riley est un personnage également tout à fait attachant. Elle Fanning, enfin, est une Princesse Aurore parfaite, angélique et souriante à souhait.

Voilà un long métrage enthousiasmant par sa volonté de nous offrir une parenthèse au pays des contes de fées; un film pour « enfants et grands enfants » qui offrira à tous l’occasion de passer un moment fort plaisant!

Maléfique
Date de sortie : 28 mai 2014 (1h37min)
Titre original : Maleficent
Réalisation : Robert Stromberg
Scénario : Paul Dini et Linda Woolverton d’après Charles Perrault et les Frères Grimm
Direction artistique : Dylan Cole et Gary Freeman
Décors : Frank Walsh
Costumes : Anna B. Sheppard
Montage : Chris Lebenzon et Richard Pearson
Musique : James Newton Howard
Photographie : Dean Semler
Avec Angelina Jolie, Elle Fanning, Sharlto Copley, Sam Riley, Brenton Thwaites, Juno Temple, Ella Purnell, Imelda Staunton….

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