fbpx

Duke Ellington : un hommage vibrant au Grand Rex

par

Par Florence Gopikian Yérémian – bscnews.fr / Ce soir là, les fontaines et les féeries enfantines du Grand Rex avaient cédé la place au Grand Jazz. Tous les fans du « Duke » étaient au rendez-vous: il faut dire que ce n’est pas tous les jours que Paris accueille le « Duke Ellington Orchestra » !

Le 29 avril, 21heures précise : le pianiste Tommy James prend les commandes de son Big Band. Avec une fausse désinvolture typiquement américaine, il nous présente les quatorze fabuleux jazzmen qui vont se relayer deux heures durant pour réinterpréter les grands classiques du Maestro. Autour d’un corpulent contrebassiste et d’un immense percussionniste (Dave Gibson) se déploie une pléthore de cuivres prêts à ressusciter un mort : trompettes, saxophones, trombones… Tirés à quatre épingles dans leur costumes Black & White, les musiciens entament la soirée avec l’inévitable « Take the A Train » : l’ambiance est lancée toute en puissance et en sophistication grâce au trompettiste Shareef Clayton. Suit un Cotton Club Stomp murmuré par le saxo de Mark Gross qui nous plonge dans les dancings de Harlem en pleine période de la prohibition. Surgit alors la mélodie chaude et sensuelle de The Mooche, portée par un quatuor de clarinettes dialoguant amoureusement.
Sous la houlette souple du chef d’orchestre Tommy James, tout n’est que glamour et volupté : tandis qu’il chatouille les touches de son piano avec une incroyable élégance, les saxos butinent les notes d’In a mellow Tone et les trompettistes (notamment Kevin Bryan) montent en puissance pour nous faire chavirer comme si l’on avait percuté un glacier à bord du Titanic !
Après un court entracte, les morceaux s’enchaînent de nouveau à un rythme endiablé : 22 cents Stomp, l’orientalisante Caravane puis Such Sweet Thunder où le contrebassiste s’amuse à glisser le refrain de la panthère rose en lançant de malicieux clins d’œil au public La connivence est non seulement présente sur scène mais elle se répand aussi à travers les spectateurs. Presque tous sont des connaisseurs ou des adulateurs invétérés. Face à ces grandes pointures du Jazz, ils demeurent néanmoins scotchés dans leurs fauteuils confortables.
La performance du Duke Ellington Orchestra est bluffante : tous les musiciens jouent synchro, se passent la balle au bond et jonglent sur les notes avec professionnalisme.
Entre la fantastique interprétation de Satin Doll ou l’onctueuse sérénade Under the Balcony, l’assistance a la délicieuse impression d’être retournée en plein cœur des Années 20… Pas de doute, cent quinze ans après sa naissance, le Duke aurait été fier d’une telle descendance.
The Duke Ellington Orchestra? Un Jazz « Splendivellous » servi sur un plateau de cuivres dorés.

The Duke Ellington Orchestra
Le 29 avril 2014 au Grand Rex

Avec: James Tommy : Piano / Chef d’orchestre
Albert Chris : Trompette
Ash Shakur Hassan : Contrebasse
Bryan Kevin : Trompette
Clayton Shareef : Trompette
Edmonds Shawn : Trompette
Gibson Dave : Percussions
Gross Mark : Saxophone Alto
Hayward André : Trombone
Hunter Stafford : Trombone
Lavell Robert : Saxophone Tenor
Paul Shelley : Saxophone Tenor
Price Morgan : Saxophone Baryton
Walker Alvin Bass : Trombone
Young Charlie : Saxophone Alto

Lire aussi :

Takuya Kuroda : le nouveau prodige du jazz new-yorkais

Kristin Asbjornsen : un Jazz nordique au carrefour de la tradition et des spirituals

Sofie Sörman : un album « sensible et narratif »

Tutu Puoane : une chanteuse sudafricaine à la voix lumineuse

Grégory Privat : À la croisée des influences

Virginie Capizzi et Paul Anquez : un duo jazz étonnant

Laissez votre commentaire

Il vous reste

0 article à lire

M'abonner à