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Sofie Sörman : un album « sensible et narratif »

Propos recueillis par Nicolas Vidal – bscnews.fr/ Crédit photo : © Carlotta Forsberg/ Sofie Sörman a cette sensibilité aux carrefours des sons et des attractions musicales éparses. Elle vient d’un pays, la Suède, où la musique est importante dans la vie de nombreux autochtones. Sofie a fait son chemin, avec simplicité et honnêteté. Aujourd’hui, la sortie de son nouvel album, Ripples marque un nouveau tournant dans sa jeune et prometteuse carrière.

propos recueillis par

Sofie, Quelle est l’histoire du chant dans votre pays, la Suède ?
Moi-même, je ne suis pas un exemple typiquement suédois car j’ai été entourée de chanteurs dans ma famille et aussi parmi mes amis ; parce que j’ai fait des écoles spécialisées pour les chanteurs et musiciens en Suède. Mais c’est vrai qu’il y a une culture de la musique (notamment chorale) très importante en Suède. Aussi nous avons une école de musique pratiquement gratuite pour tout le monde dès le plus jeune âge. Beaucoup de suédois jouent un instrument ou chantent même si ils ne décident pas d’en faire une carrière. Je pense que c’est un peuple en général assez musical.

Pour vous, comment s’est fait cette rencontre avec le Jazz ?
Mes parents écoutent et pratiquent le Jazz. Dès le plus jeune âge, les disques des Billie Holiday, Louis Armstrong, Sarah Vaughan, Nancy Wilson, Miles Davies, Sonny Rollins, John Coltrane, Stan Getz etc. tournaient en vinyle à la maison. Nous étions souvent aux festivals de Jazz. A sept ans j’ai vu Betty Carter par exemple. Au lycée, quand j’ai commencé le conservatoire j’ai appris que le jazz n’était pas qu’une musique pour les vieux. C’était aussi une musique de jeunes et j’ai commencé à aimer le jazz plus moderne.

On lit que vous avez goûté au Pop Rock plus jeune. Pourquoi avoir choisi finalement le jazz ?
J’ai eu l’occasion de chanter avec un groupe de pop qui faisait pas mal de concerts et quelques disques entre mes 17 et 19 ans. C’était une bonne expérience mais quand j’ai arrêté je savais que je voulais chanter du jazz. Avec le Jazz, je me sens plus sincère, plus libre et c’est aussi une musique où il y a tellement de choses à apprendre, on ne peut pas cesser de se développer. C’est une musique avec qui on peut grandir et vieillir. C’est aussi un choix de vie. On peut rencontrer des gens de toute la planète et partager cette musique. Et c’est une musique avec moins de « business » que dans la musique commerciale.

Dans ce nouvel album, pourquoi avoir fait le choix de textes autobiographiques ?
Ce n’est pas un choix. Je suis quelqu’un d’émotionnel et j’écris avec mon cœur et ce qu’il raconte ; ce n’est pas un concept que j’ai planifié. Pour moi, écrire c’est « sortir » ce qui me touche. Ce sont des petits documentaires de mes émotions mais ce n’est pas vraiment la vérité pure.

Quelle est la place et l’importance de cet album dans votre carrière ?
C’est le plus important album que j’ai fait donc je peux dire que c’est comme un « bébé ». Certain des morceaux qui sont dessus, je les ai écrits il y a 5 ans. J’ai eu la patience de le sortir au « bon moment » et avec la bonne équipe.

Ripples, votre nouvel album apparaît comme une mosaïque de chansons savamment agencées et très singulières ?
Merci, j’aimerais le voir comme ça.

Est-ce que votre installation en France a joué sur ce nouvel opus ?
Bien sur, je suis devenue adulte et femme à Paris. Beaucoup de rêves se sont réalisés pour moi ici. J’ai collaboré avec des français et des gens de partout dans le monde. À Paris, je suis unE étrangère, pour moi c’est quelque chose de positif, ça m’a appris beaucoup sur moi même, je me sens libre et ça m’a fait agrandir mes perspectives. La musique et les paroles ne seraient pas pareilles si j’avais habité ailleurs ou si j’étais restée à Stockholm.

Que signifie pour vous Ripples ?
C’est une métaphore que j’aime. Quand on jette une pierre dans l’eau, ça donne plein de ridules qui donnent d’autres ridules etc…Une grande action dans la vie donne des conséquences et d’autres actions.Par exemple, d’avoir produit « Ripples », cela représente une grosse pierre jetée dans l’eau pour moi et ça m’a déjà donné des « ridules » importantes : j’ai chanté au Paris Jazz Festival, à Radio France. Je suis d’ailleurs en train de répondre à cette interview etc. « Ripples », c’est aussi un titre dans l’album. J’ai écrit les paroles de cette chanson quand j’ai vu le film «Trolösa » (infidèle) de Liv Ullman avec le manuscrit d’Ingmar Bergman. Les conséquences des actions ne sont pas toujours heureuses malheureusement. Ca fait partie du « savoir oser vivre ».

Si vous deviez définir votre album en deux mots que diriez-vous ?
Sensible et Narratif.

De quelle chanteuse de jazz suédoise vous sentez-vous le plus proche ?
Je ne me sens pas particulièrement proche d’une autre chanteuse suédoise. Jeanette Lindström est une chanteuse que je respecte beaucoup. Elle a une voix qui transporte avec beaucoup de feeling. Son écriture est très personnelle et profonde. J’ai pleuré deux fois à ses concerts et c’est pour moi une très bonne chose. J’aime aussi énormément Monica Zetterlund pour sa personnalité chaleureuse et son « sound ». Je vous recommande d’ailleurs de voir le film « Valse pour Monica » * qui sort en Mars en France.

Travaillez-vous déjà sur un autre projet Sofie Sörman ?
Je fais des nouveaux morceaux et j’ai l’intention de faire un nouvel album mais chaque chose en son temps.

Où pourra-t-on vous voir sur scène dans les semaines à venir ?
Au Sunside le 11 février 2014 et au Club Suédois 23 Avril 2014. Je vous recommande de regarder mon site. www.sofie-sorman.com où je mets toutes mes actualités.

* « Valse pour Monica» du réalisateur Per Fly sortira en France sur les écrans le 19 mars 2014 et retrace la vie de la célèbre chanteuse de Jazz Monica Zetterlund dans son ascension vers la gloire dans le monde du Jazz ( Avec Edda Magnason, Sverrir Gudnason, Kjell Bergqvist)

Ripples
Sofie Sörman
(Socadisc)

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